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Vincent Zochowski auteur

Articles avec #roman

Ouzbek me voilà ( partie 11 )

2 Mars 2017, 21:53pm

Publié par vincent auteur

Ouzbek me voilà ( partie 11 )

 

Kyzylkum nous attendait, son désert torride, ses miracles peut-être ? Nous partirions aux aurores, au moment où la nature se révèle calme et enchanteresse. Sous les meilleurs auspices, nous continuerons notre périple, en véritables aventuriers.

En véritables chasseurs de trésors nous découvrirons les plus humbles demeures, nous rencontrerons de parfaits inconnus, soucieux de croire en un monde salutaire.

Il nous faudrait au moins huit jours de marche, huit de parfaite harmonie avec la nature. Nous ne ferions qu'un avec les chevaux, qu'un avec cette nature environnante.

Mes souvenirs avec moi, je reprends la route avec mon fidèle des plus fidèles, ce cher Islom.

 

Le route sera dure, nous le savons tous deux, mais peu importe, la vraie vie est ici, pleine de découvertes et d'aventures.

Kyzylkum nous voilà !

 

Ce pays grandiose, cette terre si souvent hostile au fil des siècles, depuis l'empire d'Alexandre le Grand jusqu'à celui des tsars, ce pays a vu naître, s'affronter ou cohabiter les plus grands empires.

Une terre de combat et de justice.

Islom en forme, marchait avec force et convenance, avec une détermination sans failles. Il avait l'allure dans grands aventuriers, des hommes dignes d'un grand respect.

 

La route promettait d'être longue avant d'arriver dans ce fameux désert.

 

Silencieux comme le vent d'est, comme cette profondeur que nous donne cette nature enrichissante.

La route promettait d'être longue certes mais cette expédition sera toujours enrichissante.

Nous partîmes deux et nous serons toujours ensemble quelque que puisse être la situation.

 

Pampultar nous attendrait de pierres fermes, ses monuments gigantesques avec ses faïences d'une dorure exceptionnelle, des tours inimaginable d'une moquée diablement colorée.

Pampultar, digne de ce nom. Un bijou, rien à dire de plus.

 

Elle prenait place au cœur de désert de Kyzylkum, une oasis de vie et de verdure, un chemin de croix sans conséquences, une rupture anecdotique.

Je parlais toujours lorsque je marchais, peut-être cela m'aidait-il à réfléchir ou à me concentrer sur mon devoir, sur mes actes. Tout cela n'avait pas l'air d'inquiéter Islom, fier gaillard qui devait certaines fois me prendre pour un fou. Mais qu'importe ce doux regard de ce fidèle ami, je me comportais comme un homme qui aimait cette terre, ce soleil, ces animaux. Fier de fouler ce pays béni des Dieux.

 

Je me souviens d'un temps passé, ou un petit enfant curieux de tout se baladait au gré du vent d'antan, rimes effacées d'un monde que l'on ne peut oublier.

J'ai voyagé à travers les livres, dégustant pages après pages, les silences, et les bruits de fond de ces aventures sans commune mesure, intemporelles. Les épisodes inoubliables de ces héros de cape et d'épée, du Capitaine Fracasse, de Cyrano de Bergerac. Que de moments, assis sur le rebord de la fenêtre de ma chambre, voyageant avec ceux qui m'ont fait rêver.

Je suis ici dans ce pays étranger, à l'ombre de ces arbres, les Plimules, ces chênes légendaires et millénaires, là où le vent a bien du mal à entrer, à se figer dans le silence de cette nature chatoyante.

 

Je navigue avec fidèle ami, accompagné de deux magnifiques chevaux offerts par notre dévoué Tohirbek. Grâce à lui, à sa famille, à ses valeureux individus, j'éprouvais un réel plaisir à partager ce beau pays.

A l'ombre des Plimules, il faisait bon vivre sous ce ramages de ces arbres d'une beauté luxuriante, d'une nature tant désirée. Les explorateurs du monde entier désireraient être à ma place.

 

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Ouzbek me voilà ! partie 10

25 Février 2017, 23:05pm

Publié par vincent auteur

 

 

La nuit avait été bien paisible, solitaire ensommeillé, une pluie de rêves colorés, émaillés d'oiseaux rouges flamboyants, des imprévisibles Osmorre, des oiseaux de toute beauté, une beauté carnassière, mais un régal que de les voir prendre leur envol.

La voix caverneuse d'Islom au réveil me fit sursauter, une voix semblant provenir des tréfonds de l'âme, tel un monstre fantasmagorique.

Tout le monde semblait avoir bien dormi, à part la petite Raya, qui semble t-il avait eu un cauchemar.

Notre présence, j'espère n'ayant aucune influence sur ce sommeil encombré.

 

Une vielle odeur de tabac froid parvint jusqu'à mes narines, une cigarette mal roulé avec un tabac malodorant, de quoi vous remuer l'estomac de bon matin. Islom fumait dehors mais le vent froid d' extrême orient ramena la fumée vers l'intérieur.

Il ne pouvait se lever sans sa drogue matinale, ce qui quelquefois m'exaspérait. Une odeur insupportable ; mais mon compagnon était trop précieux pour se laisser aller à une quelconque bousculade.

Piotr, quant à lui, était déjà levé depuis l'aube ; il était parti se promener dans les rues animées de Tachkent. Sous le caquètement des volailles se disputaient quelques marchands, gesticulant au fil du regard désappointé des chalands. Peut-être une manière comme une autre de se faire de la publicité, ils attirent du monde qui assistent à leur embrouille, et ça fait marcher le commerce qui sait ?

 

Pïotr était un homme curieux, passionné par l'architecture de ces pays, cette magnificence colorée d'un univers magique. Samarcande, Boukhara ou même Khiva, royaumes de l'architecture colorée, une plongée au cœur de cette splendeur orientale.

 

J'aime cet homme, j'aime ces gens d'un horizon différent du mien, je découvre parmi eux pleins de de délices, le sourire allant de pair avec leur visage enrichissant. J'apprenais tout d'eux et de moi par la même occasion. Ma famille me manquait certes, mais j'avais une autre famille à disposition, Piotr Islom et ces chers Ouzbeks. J'en oublierais presque ma mission, mais qu'importe j'avais le temps et j'étais prêt à le prendre, foi d'aventurier.

Les larmes aux yeux, je gardais en mémoire les derniers mots de ma fille avant mon départ et les yeux embués de ma femme et les même larmes regardaient mes compères le sourire aux lèvres, et cette incorrigible odeur pestilentielle de ce tabac venant d'on ne sait ou.

Je pourrais en écrire des lignes et des lignes sur cette aventure finalement humaine en deçà de ma mission zoologique.

 

J'entendais toujours les cris aigus de ces marchands, se disputant allègrement quelques clients étrangers, et même leurs épouses s'y mêlaient. Typiquement orientale cette façon d'attirer le client tout en se disputant avec son cher voisin d'étal. Il y avait des marchands des quatre saisons, des légumes qui chez nous en France auraient passés pour des choses bizarres, des formes et couleurs différentes de nos pommes de terre et autres légumineuses. J'observais ces étalages faits de bric et de broc, quelques tubes de métal soutenant de vieilles planches de bois sur lesquelles trônaient des vases et autres pichets travaillés à la main. A ses côtés, un marchands de volailles, de poules, de canards et d'oies imbriqués dans des cages tels des boites de conserves dans un meubles, peu de places pour respirer mais qu'importe, l'important était de vendre et non de s'occuper de leur bien-être. J'étais écoeuré par ces comportements, moi le protecteur de la faune et la flore. C'était des manières archaïques, mais trop classiques à mon goût.

Fouillant au fond d'une de mes poches, j'en sortis une pièce d'un rouble et j'achetais deux canards qui avaient du être jolis dans une vie antérieure. Des corps décharnés, des plumes manquantes à la base du cou, les pauvres bêtes souffraient le martyr au fond de cette cage en bambou. Ils n'avaient plus rien de l'oiseau majestueux qu'est la sarcelle d'hiver, on ne voyait même plus la couleur à la base de l'oeil, un oiseau devenu méconnaissable.

J'avais choisi ces deux oiseaux, laissant leur congénères à leur auguste destin, cela permettrait aux autres d'être moins serré dans leur prison.

Je laisserais mes deux oiseaux chez Tohirbek, un petit amusement pour les enfants, reste à savoir ce que notre ami ouzbek en ferait.

 

L'avenir commençait à poindre son nez, quand je vis revenir vers moi Piotr, de retour de sa ballade matinale. Il avait les yeux d'un enfant qui découvre les joies de la vie. J'aimais profondément cet homme, un aventurier mais aussi un poète à ses heures perdues. Son regard tendre sous cette apparente de « brute épaisse » nous cachait une sensibilité. C'est ça que j'aimais chez lui, tout simplement.

J'avais autour de moi, une famille, des frères même, qui jamais ne me trahiraient.

Une bonne tape sur l'épaule et tous deux, nous rejoignirent la yourte de Tohirbek, moi avec mes canards en bout de bras sous les quolibets moqueurs de mon ami.

J'avais laissé Islom et la famille de Tohirbek, pour profiter de la fraîcheur du matin et nous revenions, Piotr, d'ailleurs avait les bras chargé de victuailles pour le repas de midi.

 

Nous devions reprendre la route dès demain finalement, pour arriver à mon lieu de destination que seul Piotr connaissait. A vrai dire j'avais une vague idée de notre route, Pampultar ou qui sait peut-être un cadeau surprise d'une terre inconnue ou oubliée par ces hommes honteux de leurs paysages au point d'en voler d'autres.

Le désert de Kyzylkum nous attendait, Piotr savait plus que tout et nous cachait tel un secret, ce voyage du lundi.

 

En rentrant chez Tohirbek, les enfants nous firent une fête, heureux qu'ils étaient de partager le repas du midi avec nous.

Shalo nous avait concocté un repas digne de ce nom. Och, quel nom étrange pour le plat national Ouzbek , un ragoût de mouton agrémenté de riz, d'ail, de raisins et de pois chiches. Un véritable repas de fête. Une odeur, une odeur qui nous caressait les papilles gustatives, un plaisir tout simplement. Etait ce notre cadeau d'adieu ? j'en étais convaincu, les sourires de nos hôtes nous laisseraient un souvenir agréable. J'attendrais la fin de ce déjeuner pour croquer de mon fusain, les traits souriants de nos amis, les regards attendrissants des enfants.

L'après midi serait consacré à la préparation du trajet.

 

Il fallait se mettre à réfléchir à notre parcours, partir dès le lendemain au lever du soleil, à la fraîcheur du matin. En ce mois de juillet, les températures pouvaient avoisiner les 35°C et il était préférable de voyager aux premières heures du matin.

 

J'avais trouvé amusant d'apprendre à dessiner à Raya, lui apprendre les bases du dessin au crayon.

Elle avait envie de jouer avec les couleurs, découvrir un monde différent du sien, et par là même un art méconnu dans sa famille. Raya avait l'âge, cet âge qui rend les choses amusantes, une facilité déconcertante à apprendre même les choses qui nous paraissent complexes.

On commença par dessiner les contours du Campilisses, un papillon magistral rencontré dans ces contrées. Elle était assise à mes cotés et tout comme moi, tenait ses feuilles sur ses genoux concentrée sur le modèle à copier. Une vraie pro. Elle garderait son croquis, en souvenir de notre rencontre.

Jolie petite fille Ouzbek, pendant qu'elle dessinait, je la croquais à mon tour, ses yeux noirs sur ma feuille de papier, ses cheveux bouclés cheminant sous le trait de mon crayon de papier, moi aussi j'aurais mon souvenir.

Elle riait, riait fière de son premier dessin, Tohirbek et Shalo, les yeux embués de larme, éprouvaient aussi une certaine fierté.

 

Un souvenir mémorable !

Une pureté d'enfance comme on aime découvrir, peu importe le lieu, des continents asiatiques aux frontières de l'Afrique orientale, en parcourant les deux pôles. La pureté du regard d'un enfant n'avait pas de frontières ; rien de tout cela, prenons exemple sur eux.

 

 

Islom me regarda impatient de pouvoir enfin se pencher sur la route, de pouvoir enfin mettre les deux pieds sur ce chemin inconnu, vers les prémisses d'une nouvelle aventure. Adieu Samarcande, et le désert de Kyzylkum, me reviendrait de toute grâce, de toute bonté. Me laisser envahir par des émotions d'explorateurs, les frissons me parcourant tout le corps, un frisson d'émotion ou même d'excitation sans aucune mesure.

 

J'avais découvert ce magnifique lieu dans un magnifique ouvrage m'ayant été offert lors de ma première communion. 300 pages magiques et ondulantes sous les mains d'un enfant curieux.

Un vrai régal pour moi, me faire dévorer par les pages, traversant les ombres des chênes millénaires, ouvrant la porte à des mondes différents du mien.

 

 

J'ai parcouru tant de chemins, dévoré tant de kilomètres ; j'ai essuyé tant d'échecs, abandonné tant de latitudes et de longitudes éprouvantes ; les marches m'ont quelquefois affaibli mais je n'ai jamais laissé quiconque m'impressionner par un négativisme accru. J'ai quelquefois dompté le temps pour éviter qu'il ne me noie, échapper à des attentats météorologiques, mais qu'importe je suis comme le roseau qui plie mais ne rompt pas. Les amis sont là pour nous protéger voire pour nous aider, et c'est ainsi qu' Islom est rentré dans ma vie ; si je puis dire ; et de là est né une puissante amitié.

 

Islom est d'une simplicité remarquable, un taiseux aussi. Il connaît beaucoup de choses, un puits de science, rien ne lui échappe.

Je l'ai croisé un matin du 25 décembre 1954,( serait ce un cadeau du ciel que cette rencontre ?), sur une oasis en plein cœur du désert de Gobi.

La solitude était sa seule compagne, occupé qu'il était à errer parmi les températures caniculaires de cet endroit peu connu de tous

 

Voilà comment cette histoire à débuté, loin de murmure incessant de la vie parisienne, dans la solitude d'un désert par bien des égards, inconnu du grand public.

Islom est comme mon frère, une partie de moi, mon double. D'un seul regard, il me comprend ; un brin philosophe, il me donne les meilleurs conseils.

 

 

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Ouzbek me voilà ! partie 9

24 Février 2017, 12:52pm

Publié par vincent auteur

Ouzbek me voilà ! partie 9

 

 

Des mots, oui des mots, je pensais y rester mais mon travail m'impliquait à voyager parmi les pays les plus reculés pour y découvrir une beauté à ce jour jamais dévoilée.

L'Ouzbékistan pour le moment et ensuite je ne sais vers quelle destination le destin m'emportera.

 

La nuit avait été bien calme, mes deux compères m'avaient concocté un concert de ronflement époustouflant, une sonate au clair de lune je pense.

 

 

A ce deuxième jour, je partageais ce moment agréable avec mes amis. Profitons de cet instant !

J'observais ces deux solides gaillard, rire bruyamment, savourant cette rencontre.

Il fallait penser à demain, qu'allions nous trouver, découvrir de surprenant et d'étonnant ?

L'Ouzbékistan n'avait pas fini de me révéler ses secrets ; il me fallait chercher, m'aventurer dans ces contrées.

 

Mon sac était prêt, mes amis aussi, pour cette aventure. Tohirbek voulait à tous prix nous voir rester plus longtemps parmi eux. Il revivait, il éclatait de rire face à ces deux énergumènes qui m'accompagnaient. Les rires résonnèrent dans cette yourte, la vie semblait s'être revigorée dans cette campagne Ouzbek. Ils n'avaient rencontré de voyageurs comme nous, uniquement des soldats russes pour une tout autre raison. La guerre avait laissé des traces, et les habitants se méfiaient.

 

Tohirbek, Shalo et les enfants nous aimaient déjà, le départ dans quelques jours seraient délicat pour chacun d'entre nous mais pour le moment les grimaces d'Islom faisaient hurler de rire Raya.

Viviane, à ce moment, me manquait terriblement.

 

Nous étions samedi et on avait convenu avec Tohirbek que nous resterions jusqu'à lundi, ce qui nous laisserait le temps de visiter et d'étudier de plus prés la faune.

Après cela, il faudrait repartir pour Pampultar, redéfinir nos explorations, et repartir à la recherche de ce renard bleu angora, mon défi de ce moment, le Hyelanon.

Il me fallait aussi trouver le moyen de poster la lettre destinée au musée Galichet.

 

Pendant un moment de calme, je me mis à dessiner les animaux que j'avais croisé depuis notre arrivée en Ouzbékistan, de Pampultar à Tachkent, les premières villes que nous avions visité.

Je conservais toujours dans mon sac, une jolie quantité de feuille à dessin d'une excellente qualité pour recopier à la perfection la nature que j'observais toute la journée.

 

Il y eu d'abord les Campilisses, un océan coloré dans un petit être voletant joyeusement de branches en branches. Deux exemplaires, d'ailleurs ornent mon herbier. Content d'avoir pu attraper ces espèces rares, je me pose quand bien même la question fondamentale. Ai je le droit d'arracher à la nature, ce qu'elle a créée de toutes pièces. En faire un musée pour les générations à venir, pourquoi pas mais à ce prix !

On me fournissait de l'argent pour aller à la chasse aux raretés, que faire ?

Poursuivre cette aventure avec mes compères ne serait qu'un pur plaisir. Islom, Piotr et moi-même allions de découvertes en découvertes, une nature, une civilisation, un pur délice des sentiments, des impressions d'un monde qui ne demandait qu'à s'ouvrir.

Je ne voulais pas quitter cette tendre famille Ouzbek, ces rires qui ne voulaient pas s'éteindre.

 

Je me pose régulièrement des questions quant à l'avenir de ce monde oublié de nos chères institutions, de notre monde bouleversé par la technologie, par ce modernisme.

Mais est ce que la vérité n'est pas ici, dans ce monde où les questions essentielles sont différentes ?

 

J'avais à cet instant une pensée pour mon père, un artisan qui de ses mains avait construit de si belles choses, une grande fierté pour moi et une certitude qu'il serait très fier de moi. Lui qui n'avait voyagé qu'à travers ses livres.

 

La nuit allait nous porter conseil pour les jours à venir. Demain dimanche, je serais curieux d'aller faire un tour dans cette ville, à la rencontre des marchands ambulants.

Faire « le tour du propriétaire »de cette ville aux multiples visages, une entité somptueusement délicate, un atout pour ce beau pays, un mystère également.

 

La vie quelquefois, vous procure un bien inimaginable, rencontrer d'autres personnalités et surtout se rencontrer soi-même, un bien être incomparable.

 

 

 

Il était 8h30 en ce dimanche 6 juillet 1945, les oiseaux chantaient à l'extérieur de la yourte, mes compères dormaient encore profondément. La soirée de la veille avait été fructueuse et alcoolisée.

Les ronflement s'amenuisaient à mesure que le soleil se levait.

J'avais cru entendre le chant larmoyant d'un Osmorre, un cri d'une détresse incomparable dans l'espèce animale. Tel la hyène qui rit, l' Osmorre pleurait tel un bébé. Un frisson me parcourait l'échine à chaque fois que j'entendais cet oiseau.

La première fois que j'en vis un, c'était au musée Galichet, un somptueux exemplaire empaillé de cet oiseau, d'un rouge sensationnel, une couleur qui vous prends et ne vous lâche pas.

C'est à partir de là que je suis tombé en extase devant toutes formes animales, du poisson aux oiseaux en passant par les plus petits insectes. Je étais toujours admiratif devant ce que la nature pouvait nous offrir, une magie tout simplement.

 

J'étais impatient de pouvoir me balader en ce dimanche.

 

 

 

 

 

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Ouzbek me voilà ( partie 7 )

29 Juin 2016, 21:39pm

Publié par vincent auteur

Couché sur le ventre, les yeux étonnés, surpris, enivrés par cette aventure. Je ne crois pas un instant que l'on puisse faire ceci.

Je souris, je ris, je tremble, je frissonne, je voyage et me mêle aux odeurs de la route, de la forêt, de la mer. A cet âge, on rêve, on imagine, on se fait des idées, des films.

Les voyages, dit-on, forment la jeunesse. Moi j'y suis rentré dès mon plus jeune âge. Pouvoir s'emparer d'un ouvrage et dès lors les mots se réunissaient pour former une route parsemée de mystères et de trahisons. Je me retrouvai au coeur d'une forêt amazonienne peuplée de tribus inconnues.

J'ai fait un voyage en ballon de Zanzibar aux sources du Nil, rencontré Kéraban le têtu, et même naviguer à bord du Nautilus.

Couché sur le ventre, je me pris à m'imaginer dans la peau de ces héros extraordinaires. Dès lors, je n'avais plus qu'une envie, me plonger dans mes études, mes études et ne la ressortir mon but accompli. On est con quand on est jeune, futile, immature, insatisfait. Mais parfois on se rend compte d'un besoin irrémédiable.

La solitude me confortait, me rassurait. J'avais cette envie de découvrir un autre moi, une autre façon de m'évader. Les feuilles des livres me donnaient l'odeur de la délivrance, de ces voyages inconnus.

Jules, Emile, Agatha, Honoré et Marcel, mes fidèles compagnons d'aventure, mes moteurs, sans eux pas de découvertes, pas d'énigmes à résoudre, de voyages jusqu'aux plus hautes montagnes, des océans de bonheurs à visiter.

Le nez plongé dans les les pages, je respire cette douce odeur du papier, ce vent ,qui me transperce de part en part, provient des contrées les plus vastes et les plus enchantées. Je respire la douce amertume de mes aventures futures.

Une douce enfance peuplée de héros, de monstres, et d'infinies rencontres. Je me suis battu, élevé contre des injustices, un super héros que je devenais. Et tout ça, en feuilletant à tout va, en lisant et relisant. Je m'endormais en rêvant à des jours meilleurs.

"Vincent, oh Vincent " me dit soudain Piotr

Je rouvris subitement les yeux, je m'étais assoupi dans mes pensées. L'enfance était toujours au fond de moi, je me berçais de ce subtil souvenir.

Islom et Piotr, tels de vieux amis, échangeaient, l'Ouzbékistan ne semblaient plus avoir de secrets pour eux, ces grands voyageurs. Je devais apprendre de ces deux êtres uniques.

"Pardonnez moi les amis, je suis avec vous ne vous inquiétez pas "

On se remit à parler de ce renard bleu et la soirée se termina ainsi.

Tout le monde se leva et nous nous mimes à la recherche d'un toit pour la nuit. Nous étions dans un pays où l'hospitalité régnait en maître, les Ouzbeks, souriant, nous gratifiait d'un regard aimant, et il se disputeraient même le droit à nous recevoir.

Une maison, une jolie maison de bois typiquement ouzbek, l'odeur d'un feu de bois, où la nourriture vous réjouit autant que ce peuple. Le charme oriental coulait à présent dans mes veines. Je sentais cet air profond me changer, devenais je un véritable Ouzbek ?

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Ouzbek me voilà ( partie 6 )

7 Juin 2016, 20:31pm

Publié par vincent auteur

Piotr, enfin, je retrouvais cet ami. Les larmes m'inondèrent et je tombai en sanglots dans ses bras vigoureux. Islom, derrière nous, ne fit aucun commentaires. Il nous laissa nous remémorer nos souvenirs respectifs et nous nous en allèrent tous trois boire un verre à la terrasse d'un Tchaïkanas, le café traditionnel d'Ouzbekistan. Sur le siège, un coussin aux couleurs rougeoyantes nous invitait à nous asseoir. Nous étions comme sur un lit, confortables. Le thé à la menthe nous fut servi, et l'on put enfin se désaltérer.

Il était bon d'être sur cette place au pied de la Madrasa Koukeldach, une splendide école coranique, aux motifs architecturaux d'une beauté époustouflante. L'art dans toute sa mesure.

Ouzbek, me voilà enfin, je te trouve. Mes yeux peuvent à présent admirer ce joyaux d' extrême Orient, des siècles et des siècles d'Histoire.

Je ne peux à cette minute, oublier tous ceux laissés en route, à ceux laissés contre leur gré. Ma famille me manque éperdument, mes enfants, mon désir de les retrouver s'accroît à tous moment.

Piotr, Islom, et moi même profitions de ce tendre moment d'échange, le temps passaient lentement nous laissant le plaisir de savourer, de déguster minutes après minutes les histoires, les aventures de ce pays reculé d'Asie centrale.

Mon vieil ami russe devait m'apporter les derniers renseignements concernant la faune rare de ce pays. Il devait me mettre sur la piste du Hyelanon, un des derniers renards d'Ouzbékistan bleu angora, une des dernières splendeurs. Il devait en rester une petite dizaine dans ce coin reculé et mon but serait d'en ramener un exemplaire à Paris.

Piotr les observait depuis quelques mois et m'avait ramené une peau d'une de ces bêtes tuée par des braconniers. La douceur de ce pelage, la qualité des poils, il me fallait absolument en voir un de prêt et si possible en ramener un en France. Cela serait mon plus beau trophée. Il m'était interdit de procéder à ce genre de trafic mais la découverte de ce trésor allait faire ma fierté.

Il me fallait à tous prix trouver cet animal et pourquoi pas en ramener un en France. Les lois me l'interdisaient mais j'en mourrais d'envie. Un si beau renard d'un bleu unique, c'était pour moi et moi seul.

Vincent d'Auderive, sera "béni ", dans les livres d'histoire pour avoir trouvé le dernier représentant d'une espèce " Vulpes Blu ". Je serais L'explorateur attitré de Paris.

Ne soyons pas si imbu de sa personne, le travail paiera de toute manière.

Nous discutions tous les trois, le sourire aux lèvres, un vrai moment d'amitié, une joie somme toute singulière mais un moment unique. Une photo de cet instant, voilà ce qu'il me faudrait. C'est important de ne jamais oublier ces secondes, ces minutes, ces heures.

Je ne pouvais joindre mes patrons de Paris qu'en leur envoyant une lettre, ce que je m'empressais de faire pendant que Piotr expliquait la beauté de la ville à Islom.

"Mes très chers compatriotes

Je vous écrit de Tachkent, le temps est favorable et les rencontres importantes. L'Ouzbékistan est un pays merveilleux pour la multitude de ses découvertes. C'est mon plus beau parcours à ce jour. Je vous envoie mes remerciements pour cette mission qui j'espère vous conviendra par ces bons résultats."

La première phrase me semblait bien sous tous rapports; mais devais je leur parler de ce fabuleux renard bleu angora, ce merveilleux Hyélanon? Je devais me taire pour le moment, les prévenir maintenant ruinerais mes projets.

Je n'avais que 25 ans, et déjà aux portes d'un autre monde, une victoire sur mon passé. J'ai été élevé en dévorant les livres d'aventures, suivre les pas de Michel Strogoff, aller au centre de la terre, et à n'en plus finir me plonger dans ces aventures. Jules Verne était mon héros préféré, mon maître es expéditions. Mon père aurait tout fait pour m'en dissuader, mais ce sale caractère m'a bien servi pour arriver à mes fins et obtenir mon diplôme de biologie appliquée. Il me fallait ce passe pour pouvoir agir en qualité d'explorateur.

Pensif, je m'écartais de la conversation de mes compères et pensais maladroitement à mon parcours digne des plus grands.

J'étais là et plus loin en même temps, ailleurs dans ce monde de maintenant.

Je suis un poète de l'âme.

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Ouzbek me voilà ( partie 5 )

5 Juin 2016, 13:52pm

Publié par vincent auteur

Le bleu et jaune du Mémorium se mariaient délicatement à l'entrée de cette ville magique du continent russe.

Etrangement, le silence se fit pesant lors de cette arrivée, Islom les yeux grands ouverts sur les tours se faisait à son tour silencieux. Je pouvais voir les larmes de cet Ouzbek dur comme la roche, il l'aimait cette ville, il en était fier !

Tachkent signifiait " citadelle de pierre", les deux tours de l'entrée, gigantesque masse de pierre nous souhaitaient la bienvenue.

La magie semblait émerger de ce lieu somptueux, des chants Ouzbeks transperçaient le ciel. Les sons caressaient les murs, faisaient sourire les petites têtes blondes, et faisaient danser les personnes âgées.

Cette ville joyeuse, on y rentrait comme dans un jardin d'enfants, des couleurs, des dessins, des joies. Je ne pourrais oublier !

Nous devions trouver le marché d'Oloy et sans perdre de temps à contempler la ville, Islom questionna quelques habitants sur le chemin à suivre.

J'étais fier de connaître ce dur et tendre Ouzbek. Ce petit homme d'à peine 1 mètre 60, courageux, ne disait mots sur sa vie. Tout ce que je savais de lui, était qu'il était paysan et fils de paysan. Le coton, une histoire de famille, un travail laborieux.

Les pierres des monument me parlaient, me racontaient l'histoire de cette vallée, de tendre et doux pays. Je ne connaissais pas l'Ouzbek mais leurs yeux me faisaient comprendre tout, toute leur vie, leur voyage, leurs défauts et leurs qualités.

La simplicité me semblait inéluctable au sein de ce peuple mystérieux !

Je remarquais ici des sculptures animales et là des symboles architecturaux sur les façades, une sorte de coquillage inversé !!

Mais avant tout, je devais me recueillir au sein de la cathédrale de la Dormition, observant au loin ses splendides coupoles dorées. Moi qui n'étais qu'un simple athée ne pouvait laisser passer ce moment de recueillement. Je me dispenserais de tout commentaire d'ordre fantasma-catholique, j'éviterais toute comparaison de la chrétienté occidentale avec l'orthodoxie orientale. Moi, je voulais tout simplement écouter les pierres et ressentir pleinement leur existence.

Je m'y dirigeais sereinement remarquant au passage le sourire bienveillant des quelques passants.

Au loin, devant la cathédrale, j'aperçus un solide gaillard, une barbe broussailleuse, un pantalon de treillis vert, et une veste bleue. Son sourire édenté de vieux briscard me renvoyait quelques temps en arrière lorsque son amitié vint sonner à ma porte.

Il semblait ravi de revenir vers moi !

Mes pas se dérobèrent à sa vue et je courus vers lui et il me serra amicalement dans ses bras.

Les prochains moments allèrent m'apporter énormément.

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Ouzbek me voilà ( partie 4 )

22 Mai 2016, 17:43pm

Publié par vincent auteur

Tachkent, Tachkent, ville d'Asie, berceau d'une civilisation inconnue, il me targuait de la redécouvrir, de lui offrir mes plus beaux atouts, mes rencontres, mes attentes.

Cette ville de "pierre", ville d'un âge avancé, cette ville bimillénaire, devait être une étape merveilleuse dans mon voyage, ma recherche d'une identité.

Piotr devait nous attendre au bazar d'Oloy, un marché couvert comme on aimait en croiser, une découverte de saveurs orientales, de subtils parfums épicés.

Mais en attendant, nous devions nous remettre en route, au soir nous atteindrions cette douceur ouzbek. Il me tardait d'y entrer, mon cahier de croquis en poche.

Les souvenirs de ma famille se dispersaient étrangement, ma fille me souriant à mon départ et ma femme ne pouvant retenir ses larmes. Le temps quelquefois me manquait de penser à elles, ainsi qu'à tous mes amis et confrères laissés à Paris.

Avant de partir, je me recueille un instant en pensant à mon père, un bon vieux paysan proche de sa terre, malheureusement disparu il y a un an. Il serait fier de moi et de mon parcours. Un petite fleur jaune et bleu, un Mémorium, sera posé à l'entrée de Tahkent dès mon arrivée.

Islom, sans un mot, me fit signe, pressé par le temps. Il fallait arriver avant la nuit qui s'annonçait froide en cette saison. Nous avions laissé Tachkent derrière nous il y a quelques jours pour rejoindre Pampultar et dorénavant nous revenions sur nos pas.

L'aventure était loin de se terminer, l' Ouzbekistan nous préparait certainement d'autres surprises. Mon carnet à spirales deviendrait un beau jour un guide des odeurs orientales, l'odeur sauvage de ce périple sur mes pages blanches.

Islom faisait les quatre cent pas, impatient de retrouver ces chemins tortueux, ces ombres qui nous guettent par delà les forêts !

Dans le ciel, nous survolait un vol d'Ambroisier, il devait bien y avoir une bonne centaine de volatiles, en route pour les bords de la mer d'Aral. Un vol d'une beauté rare, pas un cri ne s'y échappait, juste les bruissements d'ailes, juste ça !

Nous n'avions pas eu le temps de nous attarder dans la capitale lors de notre arrivée, aussi la journée prochaine devrait être riche en émotion. Je me mis en route à la suite de mon guide, les sacs plus légers qu'à l'aller, il nous restait de quoi grignoter.

La matinée fraîche, le départ se fit sans encombre, la fatigue me tenaillait.

Mon guide, devant moi, les pas apparemment pressés par la météo qui semblait nous réserver quelques mauvais présages. Les nuages noirs s'amoncelaient, le vent se réveillait, même les animaux rebroussaient chemin. Des renards ouzbeks, ces célèbres Renaiques roses passaient à nos côtés sans y prêter attention.

Pas de pluie, non, rien qu'un vent virulent par moment, un vent froid comme la mort et puis d'un coup, plus rien !

Les secondes, les minutes, les heures passèrent, non sans quelques difficultés mais notre duo fonctionnait à merveille. Nous devions tenir jusqu'au soir et ce, sans stopper.

On pouvait apercevoir au loin, la cathédrale de la Dormition, splendide édifice orthodoxe, elle avait souffert pendant ces dernières années.

Ah Piotr, ce bon vieux Piotr, il me manquait ce tendre bougon russe des plaines de Sibérie. Un homme d'un courage exemplaire, et d'une honnêteté indestructible.

Cet ami devait me renseigner sur les dernières découvertes du pays. Les scientifiques du pays avaient tendance à nous cacher, nous taire. Une omerta dirons certains, un oubli pour d'autres. Le musée Galichet m'avait laissé libre, libre de participer à l' élaboration de leur encyclopédie universelle : un répertoire imagé d'espèces rares, des croquis complets.

La distance s'amenuisait, la fatigue se faisait ressentir mais l'envie, le désir de reconnaître ce pourquoi je faisais ce voyage m'était important voire essentiel à mes yeux .

Les murs de la ville firent leur apparition, des enfants le visage noirci par la poussière coururent vers nous, un pur moment de bonheur.

Je sortis doucement de ma poche, le Mémorium, et déposa la fleur à l'entrée de Tachkent.

La ville était à moi, il me tardait de retrouver mon vieux compère.

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Ouzbek me voilà ( partie 3 )

5 Mai 2016, 07:22am

Publié par vincent auteur

Les cris, les hurlements d'une bête sauvage presque dangereuse, on était arrivé sur son territoire, nous, les humains à la recherche d'une quelconque nouveauté dans l'archipel des nouveaux explorateurs.

Islom avançait tranquillement, son visage renfrogné marqua une profonde inquiétude.

Je le suivais pas à pas, les lanières de mon sac me tailladant l'épaule droite.

Après quelques minutes de marches, tout sembla se taire, plus un hurlement ne s'échappa de cette taïga, seuls les oiseaux se mirent à chanter. Il me faudrait lors d'un prochain voyage revenir ici et me soumettre à ce mystère animal.

Enfin Islom rayonnait, la nature hostile avait laissé la place à une plaine verdoyante où l'on pouvait apercevoir au lointain un troupeau d' Addax rouge, une des plus belles espèces d'antilopes qu'il m'est été donné de rencontrer. La couleur rouge flamboyant du pelage se mariait à merveille avec le vert clinquant de l'herbe. Du bleu ciel, du vert et du rouge animal, j'étais transfiguré devant cette avalanche de couleur, un peintre aurait pu avoir un orgasme artistique.

La virtuosité du lieu, une richesse, aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche à cet instant.

Islom, comme moi, ému devant ce spectacle.

J'aurais pu rester devant ce spectacle pendant des heures voire des jours, mais le devoir de recherches nous obligeait à poursuivre notre route. Nous devions rejoindre la ville de Tachkent dès le lendemain où je devais avoir rendez vous avec Piotr, un aventurier russe, solide gaillard d'environ 45 ans taillé dans le roc. Un vrai baroudeur !

Un rencontre anecdotique à Paris, et depuis une véritable amitié aventureuse était née, des liens postaux, des sentiments partagés.

Islom et moi arrivèrent en vue du Syr-Daria, long fleuve sinueux, voie divine jusqu'à la mer d'Aral.

Les eaux calmes de ce géant semblaient nous attendre, pas un bruit, le silence. J'entendis au loin le doux murmure de la situlle, un grillon violacé que l'on ne rencontrait qu'au delà les frontières orientales. Une magie sonore ajouté à l'envol majestueux des carrans cendrés; ce héron avait la particularité de posséder un bec de canard d'un bleu argenté qui se reflétait au fil de l'eau.

Le coucher de soleil, moment d'une virtuosité poétique à la manière d' Aragon !

Qu'aurais je à raconter à ma chère et tendre et à ma jolie petite fille ? Je me devais de les faire rêver, de les nourrir de mes joyaux visités .

Nous allions passer la nuit ici au bord de cette eau, le clapotis nous bercerait. A la lueur de ma lampe, je sortis mon carnet de bord et y notait toutes mes observations, mes tracas ou mes joies.

Je revisitais le croquis de l'Addax rouge et des carrans cendrés, le tout agrémenté de détails techniques. Je sentais les bras de Morphée m'entourer délicatement et sans bruit me coucha près de mon tendre ami.

La journée de demain allait être longue, nous arrivions en vue de Tachkent !

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Ouzbek me voilà ( partie 3 )

13 Juillet 2015, 20:40pm

Publié par vincent auteur

Les cris, les hurlements d'une bête sauvage presque dangereuse, on était arrivé sur son territoire, nous, les humains à la recherche d'une quelconque nouveauté dans l'archipel des nouveaux explorateurs.

Islom avançait tranquillement, son visage renfrogné marqua une profonde inquiétude.

Je le suivais pas à pas, les lanières de mon sac me tailladant l'épaule droite.

Après quelques minutes de marches, tout sembla se taire, plus un hurlement ne s'échappa de cette taïga, seuls les oiseaux se mirent à chanter. Il me faudrait lors d'un prochain voyage revenir ici et me soumettre à ce mystère animal.

Enfin Islom rayonnait, la nature hostile avait laissé la place à une plaine verdoyante où l'on pouvait apercevoir au lointain un troupeau d' Addax rouge, une des plus belles espèces d'antilopes qu'il m'est été donné de rencontrer. La couleur rouge flamboyant du pelage se mariait à merveille avec le vert clinquant de l'herbe. Du bleu ciel, du vert et du rouge animal, j'étais transfiguré devant cette avalanche de couleur, un peintre aurait pu avoir un orgasme artistique.

La virtuosité du lieu, une richesse, aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche à cet instant.

Islom, comme moi, ému devant ce spectacle.

J'aurais pu rester devant ce spectacle pendant des heures voire des jours, mais le devoir de recherches nous obligeait à poursuivre notre route. Nous devions rejoindre la ville de Tachkent dès le lendemain où je devais avoir rendez vous avec Piotr, un aventurier russe, solide gaillard d'environ 45 ans taillé dans le roc. Un vrai baroudeur !

Un rencontre anecdotique à Paris, et depuis une véritable amitié aventureuse était née, des liens postaux, des sentiments partagés.

Islom et moi arrivèrent en vue du Syr-Daria, long fleuve sinueux, voie divine jusqu'à la mer d'Aral.

Les eaux calmes de ce géant semblaient nous attendre, pas un bruit, le silence. J'entendis au loin le doux murmure de la situlle, un grillon violacé que l'on ne rencontrait qu'au delà les frontières orientales. Une magie sonore ajouté à l'envol majestueux des carrans cendrés; ce héron avait la particularité de posséder un bec de canard d'un bleu argenté qui se reflétait au fil de l'eau.

Le coucher de soleil, moment d'une virtuosité poétique à la manière d' Aragon !

Qu'aurais je à raconter à ma chère et tendre et à ma jolie petite fille ? Je me devais de les faire rêver, de les nourrir de mes joyaux visités .

Nous allions passer la nuit ici au bord de cette eau, le clapotis nous bercerait. A la lueur de ma lampe, je sortis mon carnet de bord et y notait toutes mes observations, mes tracas ou mes joies.

Je revisitais le croquis de l'Addax rouge et des carrans cendrés, le tout agrémenté de détails techniques. Je sentais les bras de Morphée m'entourer délicatement et sans bruit me coucha près de mon tendre ami.

La journée de demain allait être longue, nous arrivions en vue de Tachkent !

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Ouzbek me voilà, partie 2

26 Juin 2015, 08:47am

Publié par vincent auteur

La nuit avait été très calme, d'un calme olympien mais d'un froid brutal. Pas un bruit n'avait filtré, à croire que toute la faune nous craignait.

Mon sac de couchage, encore humide de la rosée du matin, sentait bon la fraîcheur de ce pays, une senteur orientale sauvage.

Le réveil pour ma part avait été un rien spécial, l'Osmorre n'avait pas jugé nécessaire que l'on se couche sous son arbre et nous avait copieusement insulté dès le lever du jour. Il avait fallu qu' Islom nous écarte promptement de l'endroit. Cet oiseau ne nous voulait pas de mal, seulement nous éloigner de sa couvée.

Cette journée allait, j'imagine, se révéler encore plus étourdissante que la veille. Mon voyage m'avait amené jusqu'ici, la découverte d'un pays imaginé dans mes lectures d'adolescent.

Pampultar, je suis à toi dorénavant. Montre moi tes secrets, tes bijoux. Fais moi rêver et envoûte moi de ta beauté.

Nous étions lundi, je crois. Nous étions parti sans montres, sans rien à part une boussole, nous vivions au rythme de la saison en accord parfait avec la nature. Elle nous avait acceptée, à nous de la respecter.

Ma famille me manquait, j'étais loin de tout mais pour la bonne cause je me devais de résister, de combler ce manque de mots doux, de baisers le matin au lever.

Ma femme Marianne et ma petite puce, Viviane, petit ange de 5 ans; je ne pouvais même pas leur écrire. Il me serait possible de leur téléphoner lorsque nous irions à la ville.

L'Ouzbekistan m'envahissait le corps et l'esprit, mon âme devenait russe aux confins de cette civilisation méconnue.

Islom m'avait laissé seul quelques instants pour aller chasser du gibier, je pouvais avoir confiance en lui, un guide d'une rare loyauté, d'un humanisme et d'une bonté sans égal.

Il revint quelques minutes plus tard , un Ambroisier , un mélange de canard et d'oie , bel oiseau au plumage vert et bleu. Islom s'employait déjà à le plumer et moi de l'observer, un rien passionné par les rites autres que mon monde soi-disant civilisé.

Qui était civilisé, lui ou moi ? A choisir !

Cet oiseau nous fit faire un bon repas. Islom ne disait mot, se contentant de me sourire, me montrant le peu de dents restantes.

Lui aussi, je le dessinerais; il sera présent dans mon recueil, mon guide.

L'aventure dit-on est au coin de la rue, mais la voie de la taïga m'était somptueusement ouverte, libre à moi de saluer une terre inconnue par le plus grand nombre. Le temps était pour moi de remédier à cela.

Je pris en main mon carnet et accompagné d'Islom , me dirigeait promptement vers la butte d'où l'on entendait des hurlements, des jappements; un chien ? ou quelque animal du même acabit.

Que se cachait-donc au sein de cette nature pas si hostile que ça ?

Je devais rendre des comptes au musée Galichet, lequel avait une confiance en un jeune explorateur.

La liste des animaux à dessiner, les recommandations ultimes de mes confrères et une belle opportunité pour malheureusement sacrifier un peu de ma vie de famille.

Il faisait déjà 25°C en cette heure matinale, un climat rude pour ce beau pays. Un grand froid en hiver et des étés brûlant dans ce paysage désertique.

Les hurlements redoublaient, comme une douleur dans cette contrée sauvage. Le pays semblait craindre le pire.

Même Islom semblait apeuré, son attitude changeait. Nous devions avancer tout de même, ma curiosité n'y semblait point perturbé!

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