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Vincent Zochowski auteur

Articles avec #nouvelle

Ligne A ou ligne B

4 Novembre 2017, 14:38pm

Publié par vincent auteur

6 heures du matin en ce lundi 30 octobre, l'automne bat son plein, les feuilles de chêne s'éparpillant sur les trottoirs encombrés de travailleurs de la semaine. Leur visage fatigué par un week end loin de Paris, leur envie finalement de raccrocher, de ne plus faire partie de ce troupeau qui chaque matin se prend les pied dans l'escalier mécanique pour une semaine de pur désarroi.

Départ Chatelet-Les-Halles, pour un périple de quelques minutes, assis près de la fenêtre, j'ose regarder les personnes autour de moi. Un vieillard portant des bésicles d'un autre temps, faisant penser à un comptable des années cinquante, souriait à chacun, leur parlait avec une extrême gentillesse. De l'autre coté de l'allée, une femme enceinte, presque à terme même, occupée à surfer sur le net.

Passage par Saint-Michel-Notre-Dame, encore quatre stations et je serais arrivé, enfin peut-être pas finalement. L'envie toujours présente de faire un travail buissonnier. M'en aller par monts et par vaux, divaguer à travers champs et foires, à travers les méandres d'une ville méconnue.

Je voulais découvrir ces chers gens, ceux que l'on croise ou décroise au fil de nos journées sans véritablement connaître le comment du pourquoi d'un homme ou d'une femme voyageant jour après jour dans le train train quotidien d'une ligne de RER.

Je n'ai vraiment pas envie de travailler ce jour, être efficace au plus haut point, s'évertuer à devenir un cadre incorrigible, est ce ainsi que l'on doit voir la vie ?

Je me faisais un plaisir d'observer mes concitoyens, leurs forces ou leurs faiblesses, leurs visages atypiques ou extraordinaires. On ne voit plus de nos jours que la face caché de nos portables en oubliant ce qu'il y a de plus beau, notre entourage, nos paysages.

Denfert-Rochereau. Il était temps que je sorte mais oui, mais non, il fallait que je reste assis et m'accorder un instant, un grand moment de plénitude.

7 heures maintenant, dix minutes de retard sur mon planning, mais qu'importe, je suis en paix et j'observe tout un chacun, chaque seconde, chaque minute qui passe. Le temps à cet instant n'a plus d'importance. Des hommes, des femmes, de toutes conditions, de toutes origines, de tous milieux sociaux.

Gentilly, Arcueil-Cachan, Bagneux, tout une poésie pour éprouver un sentiment de mieux être pour m'accompagner sur ce chemin buissonnier.

Aujourd'hui je n'irais pas travailler. J'irais par monts et par vaux gambader dans ce jardin d'êtres humains et oublier pour une fois les nouvelles technologies.

 

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Sans oublier

15 Juillet 2017, 16:54pm

Publié par vincent auteur

Je me souviens de ces petits instants épars, de ces instants sans grâce, de me parler seul devant le miroir de la salle de bains, seul mais pas trop quand bien même.

Je suis un pauvre vieux d'une époque révolue, seul mais pas trop quand même, vieux d'une époque si proche de nous, qu'advienne la jeunesse de maintenant; devant le miroir je me souviens qu'à un moment... plus rien.

Je me regarde, les rides si près des yeux, à m'en donner le tournis, moi pauvre vieux.

Je ne me souviens plus de ces instants d'il y a longtemps, d'il y a presque des décennies et plus rien maintenant. Je suis vieux paraît-il mais comment le savent-ils ?

Je me regarde tous les matins, et je me parle me rémémorant les meilleurs instants, mais quels sont-ils finalement. La joie, les sourires, le chant des oiseaux le matin au lever du soleil, et pourquoi pas une nouvelle journée qui débute sous les meilleurs auspices.

Je me souviens mais pas vraiment, je cherche, je cherche, et je ne vois rien, je n'entends rien, je ne me souviens de rien.

Mon prénom ?

Vaste question; Roger, Valentin, Simon ?

Je ne sais plus qui je dois remercier d'être ici, mes enfants, mes parents, mes frères ou mes soeurs, mes cousins ou mes cousines.

Je me regarde devant ce miroir, il est deux heures, il fait nuit, étrange tout de même qu'il fasse nuit une après midi. Je ne dis mots, de peur d'être démasqué.

Les yeux ne peuvent vous trahir, paraît -il; les miens ne me disent rien, ils se contentent de m'observer dans cette pièce aux lueurs étrangement ternes.

Je me promène au fil des mes interrogations, au fil de mes suppositions: que suis je, où vais je, pourquoi suis je ici ?

Je ne peux pas trop parler pour le moment, j'ai peur que l'on m'écoute. Les pas dans le couloir, les lumières risquant de s'allumer. Il est temps de regagner mon lit, je ne veux pas réveiller mon voisin de palier.

Je garderais les yeux fermés quand la porte de ma chambre s'ouvrira. Il sera tant de se souvenir demain.

Je ne me souviens que d'une chose, prendre 2 cachets le matin, 1 le midi et 3 le soir.

 

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Highway 87

23 Avril 2017, 20:40pm

Publié par vincent auteur

 

 

 

Cette route longue et improbable, sinueuse et longiligne, couverte d'espérance et de renoncement, cette route éblouie par le soleil, cette route me troublait désespérément.

Je n'y voyais rien d'autre que mon avenir, une pure perte comme diraient d'autres, mais c'était cela et rien d'autre.

La sueur dégoulinant sur mon front, mes mains moites, l'envie de boire des litres et des litres d'eau, je n'en pouvais plus !

Cette route devant moi, à n'en plus finir et l'impression de mirages à tout bout de champ, des kangourous, qui semblaient me faire un signe d'adieu, des koalas me faisaient des grimaces du haut de leur eucalyptus.

Il fait 35° degré et le soir tombe à peine, je distingue à quelques centaines de mètres l'enseigne d'une station-service, une couleur verte passée avec les années et les bornes d'essence dont ma Toyota raffolait.

Je claquais violemment la porte de mon automobile, un moyen de montrer ma présence. Personne ne devait passer souvent sur cette route, les occupants de cette station s'ennuyant ferme. Je suivis le chemin jusqu'à l'entrée, pas un bruit seulement celui du vent chaud et des vautours qui arpentaient le ciel à la recherche de cadavres exquis.

La porte s'ouvrit en grinçant d'une façon morbide, les gonds rouillés reflétaient l'état de délabrement de l'endroit. Je ne pourrais y rester longtemps, foi d' aventurier. Cette masure ressemblait à s'y méprendre à une maison de film d'horreur typique du cinéma des années 70.

 

Personne ne répondit à mon appel. Un chat noir, les yeux brillant se frotta à ma jambe, ronronnant de tout son âme.

Devant moi, le comptoir sur lequel reposait un fusil à double canon encore fumant, mes nouveaux appels ne donnèrent rien de plus. Je fis les quatre cents pas, regardant à droite et à gauche, de haut en bas. A l'extérieur, les nuages noircirent brutalement, le vent souffla une musique macabre.

La porte noire donnant sur l'arrière boutique m'intrigua. Doucement en y pénétrant, j'entendis un râle, une plainte douloureuse, des pleurs de détresse. Dans une part d'ombre de cette pièce, une jeune femme ensanglantée me dévisageait avec insistance, son bras droit vers moi. L'horreur de cette scène me glaça le sang, un sinistre désastre se profilait à l'horizon !

 

Tétanisé, muet de stupeur, je n'entendis pas , non rien de ce qui se passait derrière moi, quand soudain ...

 

 

Je devais rejoindre Alice Springs pour un contrat dans un projet pétrolier, Mc Gahan, mon boss comptait sur mon travail pour rebooster l'entreprise.

Je ne savais pas où j'étais, seulement que je me trouvais pieds et poings liés dans une pièce noire et derrière la porte , une discussion animée entre deux femmes.

 

"Pourquoi tu as tué Melissa, maman ? "

"Tais toi donc malotrue , tu ne veux pas que cet étranger nous entende, tout de même ?"

 

Puis plus rien, un silence inquiètant.

L' Australie m'avait appelé et maintenant assis dans une pièce sombre et attaché comme une bête, pleurant de détresse ...

Une fille et sa mère, en pleine discussion; une fille prénommée Mélissa morte où plutôt assassinée et moi pauvre diable enfermé.

 

Je me tournais et me retournais, envisageant le pire, espérant le meilleur. Je me débattais, remuais maladroitement, les pieds tordus de douleur, les mains dans le même état.

Les femmes revinrent plus calmes que le fois d'avant, elle ne dirent aucun mot.

La porte s'ouvrit brutalement et je découvris le visage émacié d'une femme, la cinquantaine et juste derrière s'agitait étrangement une fille blonde, d'une vingtaine d'années. Celle-ci toute tremblante suivait vraisemblablement sa mère, lui obéissant sans commune mesure.

 

La mère me dévisagea et d'un geste brusque coupa me liens, elle tenait son fusil à son épaule.

Pas un mot ne s'échappèrent de ces deux êtres que tout semblait opposer; la vieille dure vs la jeune douce ( beau titre de série B américaine ).

 

Elle me fit visiter cette sombre masure, une cuisine dont l'odeur de friture me laissait supposer le menu du jour, les rideaux d'un bleu déchiré, les fenêtres n'avaient pas du être lavé depuis l'avant guerre.

Toujours aucun mot, même pas un balbutiement rien de rien, que me cachait donc cette drôle d'aventure. Je voulais revoir les larmes du soleil et m'évader de ce cloaque malsain.

 

Elle me dirigea du bout de son fusil vers une pièce qui semblait être une chambre; un lit d'une odeur épouvantable y siégeait au centre avec sur le coté un tabouret servant sans doute de table de chevet.

Une image, une drôle d'image vint à ma vue, dans le miroir face à la porte, une photo de moi, habillé en costume de mariage. A mes cotés, toujours sur la photo, une fille cette Mélissa, la jeune fille morte.

 

 

Avais je à ce point perdu la mémoire, étais je devenu un autre ?

Sans le savoir, sans me savoir ! Je fermais les yeux, une larme vint s'y perdre, j'étais foutu, ma vie ruinée comme il se doit.

 

Assis sur le bord de mon lit, le cauchemar pris fin. Seule dans cette chambre, je revivais mon passé.

Melissa n'avait pas vaincu le crabe et cette photo, mon seul souvenir d'elle trônait sur mon armoire.

 

La nuit nous révèle quelquefois bien des surprises ! 

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Quand le diable surgit

4 Avril 2017, 20:48pm

Publié par vincent auteur

 

« L'impact des gouttes sur le métal  me fit une drôle d'impression. Je croyais que ça n'allait pas durer, que ça finirait bien par s'arrêter un jour. L'impact des gouttes sur le métal froid me faisait presque peur, peur d'être et de non être. Tout le monde me dit que la peur n'évite pas le danger, mais pas à moi non, pas à moi.

Je ne suis pourtant pas fou, je suis sain d'esprit, clair et sensé. Mais là, je ne pourrais pas dire où j'en suis réellement, plongé dans le noir de cette pièce froide et humide.

 

Je me souviens du jour J, de celui où tout à commencé.

Il faisait beau, les mimosas en fleurs, les oiseaux chantant dés le matin, et moi tout jeunot, envie de braver les interdits, de couper les liens qui m'enclavaient, de briser ces chaînes.

J'aime beaucoup le matin, là où l'on se sent vivant, heureux sous ces envolées lyriques de ces fiers passereaux. La fenêtre ouverte, le soleil me tambourinant le crâne, je suis vivant et je souris à cette journée qui débute.

Je me souviens du jour J où tout a commencé, mais en fait je ne souris pas vraiment, je suis triste en fait mais comme j'aimerais être satisfait.

Au loin dans la rue, j'aperçois Nathan et Vivien, chantant, courant, sonnant aux portes et s'enfuyant en rigolant comme des bécasses, mais comme c'est amusant de les voir vivre ainsi.

Je ne sais même pas quel jour il est, peut-être un dimanche, peut-être un mercredi ; des enfants en culotte courte, un matin, sans cartable, ça ne doit être qu'un de ces jours.

C'est moi qui leur ai inventé ces prénoms, j'aimerais tant les connaître.

Je les regarde, souris comme eux et bientôt ils disparaissent de ma vue à l'angle de la rue Audouart.

Tout d'un coup, le bruit de pas me fait frissonner, l'attente ne sera pas bien longue et la récompense non désirée aussi. Il entre sans prévenir et en un instant ce jour J prends un autre sens à ce divin matin.

Je le savais, je le sentais, tous les jours le même rituel, tous les jours ce satané destin qui vous prends aux tripes. Je n'ai que huit ans et malgré tout je suis devenu d'un coup, Grand.

Tour à tour je sens la peur s'échapper de mon corps et par la fenêtre à nouveau ouverte, je cherche mes camarades de jeu pour qui je ne suis qu'un enfant solitaire les regardant vivre tous les matins que Dieu fait. Ils se moquent parfois de moi, me jetant de temps à autre des cailloux et autres coquilles d'escargot vides, et moi les croyant bon, je garde tous ce trésor sous mon matelas jaunis par mes nuits de malaise.

Il y a des nuits et des nuits que je ne dors presque plus, m'arrachant des cris de terreurs et de douleurs, je suis comme un animal encagé, comme un fauve à qui il ne reste plus rien de liberté.

Serais je ainsi condamné ?

J'ai huit ans et je voudrais un jour courir après ce temps, chasser les papillons, imiter le chant des oiseaux et faire fuir mes larmes sur ce visage un brin naïf.

Il va bientôt revenir, je l'entends en bas tourner en rond, impatient peut-être d'en découdre à nouveau, les marches de bois grinceront, les pas lourds se feront et à mon tour mes gestes se disperseront pour fuir les coups du psychopathe. C'est le seul nom que j'ai trouvé pour cet individu.

J'ai caché sous mon matelas quelques objets qui pourront m'être utiles, quelques objets qui pourraient m'aider.

La maison est grande, il y a plein de pièces, un grenier, un garage, une cave où j'adorais me cacher, jusqu'à ce que...

J'ai huit ans, je n'ai plus de Maman, et je survis malgré tout...

 

L'impact des gouttes sur le métal me fait froid dans le dos, mais je suis rassuré tout de même,

Le monstre gît au dessus de moi, sur les marches de métal, les paupières closes, la bouche ouverte. Il me donne son sang pour s'excuser de s'être comporté ainsi, et je joue enfin dans cette pièce aux multiples cases.

J'aime ce bruit, le claquement de ces gouttes sur les marches de métal et je joue comme si hier n'avait jamais cessé, comme si hier Maman ne m'avait jamais quitté.

J'ai huit ans et je viens de tuer cet homme qui m'a un beau jour reconnu parmi les siens.

Je lui ai ôté la vie et la vue, jouant aux billes avec ce regard qu'il ne m'a jamais tenu.

 

La vie est belle quelquefois, n'est ce pas ?

 

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Passé, Présent, Futur imparfait

13 Mars 2017, 16:35pm

Publié par vincent auteur

Passé, Présent, Futur imparfait

 

 

Je ne sais pas ou je suis tombé, certainement au plus profond d'un précipice, on ne sait où. Je me réveille après une nuit faite de bric et de broc et j'attends. J'attends que le temps passe ou que l'on me libère de ce trou béant qui …

J'en perdrais mes mots, silencieusement, tranquillement dans cette antre mystérieuse.

 

Une pièce, quatre murs, quatre portes, toutes fermées à clef.

 

Je m'en remets au destin, un simple signe des temps, peut-être, je ne suis guère croyant mais j'ai l'impression aussi étrange soit-elle d'être dans un confessionnal à la merci d'un quelconque donneur de leçons.

 

J'ai mal, mal à en mourir, mal en mourir d'ennui.

Je me rapproche doucement de la première porte et dans un réflexe de curiosité, me penche doucement vers la serrure et ce que j'y vois me surprend au plus haut point.

 

Un homme, la cinquantaine avancée, une femme du même âge et un enfant, Moi, à 12 ans.

 

Ce ne peut être possible, impossible de revenir en arrière, pas une seule fois je n'aurais pensé revivre ces scènes, ces moments pénibles.

Je revois l'enfant que j'étais, incapable de moindres sentiments, éclatés dans une guerre de parents, d'époux.

Je suis revenu du passé, de ce passé imparfait, l'oeil collé sur cette porte de couleur noire.

Je ne peux imaginer ce qui pourrait se passer derrière les autres, rouge, verte ou bleue.

 

Les cris fusent à travers cette porte et l'enfant que j'étais se cache sous son manteau, derrière sa mère ou son père ; les cris fusent et cet enfant pleure les larmes qu'il retient depuis des années. L'homme d'un geste brusque lance une chaise contre le mur et renfrogné quitte la pièce, laissant seul les autres hôtes de la pièce.

Je ne peux croire ce que je vois, mon passé est devant moi dans les moindres détails.

 

La porte bleue ne m'inspire pas davantage, des tremblements parcourent mon corps, que vais je découvrir de plus ou de moins pire. J'ai envie de taper sur ces murs qui m'entourent, sur des parois de verre, ses miroirs qui prolongent ma vie d'un coup. Je revois les coups portés sur ce corps d'enfant.

« Demandez moi de renoncer, sortez moi d'ici qui que vous soyez »

 

Je crie, hurle et mes poings ensanglantés laissent sur cette porte les tracas d'une vie explosée.

 

1990, 2000, 2010, j'ai perdu toute notion de temps, je ne me souviens guère de mon année de naissance, c'est moi que je vois derrière cette porte mais impossible de dater cette scène. Je suis comme atteint d'une amnésie.

La porte bleue devant moi, sa serrure semblant m'invoquer. 

J'ai toujours aimé la couleur bleue, en espérant que cette fois ci je ne serais pas déçu. Je me dirige timidement vers la serrure, le trou s'offre à ma vue, les yeux écarquillés. La scène est tout autre, un semblant de nature s'offre à moi, des enfants courent en riant, des hommes et des femmes tout endimanchés, la joie rayonne dans cette scène.

Et là, toujours présent ce petit enfant à l'allure espiègle, au sourire malicieux, l'enfant de la porte noire, l'enfant pleurant dans les jupons de sa mère ou les pantalons de son père.

Moi, sous un autre jour, riant, courant, jouant avec mes cousins, Antoine, Hervé, Justine, Marion et Victor. Les bons moments d'une enfance. Je ne pleure plus mais ris de me voir si frais, si pur et si enjoué. Des souvenirs perdus qui reviennent à la surface ; mes tendres années.

 

Des pleurs, des rires !

Mais pourquoi donc, où donc suis je tombé ?

Pourquoi suis ici et qui m'en veux donc ?

Je me pose cette question tout en regardant la porte rouge vers laquelle je me dirige cette fois tout en confiance. Le rouge, le rouge sang, le rouge flamboyant, le rouge énergique.

L'oeil rivé à la serrure, tout me revient ici bas, toute cette souffrance me revient en pleine face. Il n'y a rien derrière cette porte, à part une table, des chaises et une grande mare de sang au sol et un enfant assis, pleurant à chaudes larmes.

Il y a du sang sur la table, sous la table, sur la chaise, sous la chaise et sur les mains de cet enfant.

Je suis cet enfant.

 

Désemparé, désorienté, la porte verte vient à moi malgré tout.

Elle sent bon, le vert d'un revirement, un vert d'une beauté surprenante. Et vient à moi à travers cette serrure, des odeurs de fleurs, de bois, des chants d'oiseaux, tout un monde enchanteur. Un enfant muni d'un arc de bois, sifflotant, chantant dans une forêt verdoyante.

Je suis cet enfant, je suis ce petit homme dodelinant de la tête, courant après les oiseaux, reniflant ces fleurs, courbant les branches d'un saule pour en faire une catapulte. Cet enfant est bien seul mais bien vivant.

 

Il y a comme un sentiment étrange dans cette pièce aux multiples portes, c'est une vie que je parcours dans ces différentes portes, une vie qui revient à moi dans les moindres détails.

 

« Mais que pensez vous de tout ça monsieur? »

« Que vous inspire ces différentes images? »

 

L'homme qui se tenait à mes cotés, ressemblait à un médecin en habit du dimanche. Assis à mes cotés, munis d'un cahier rouge, il me regardait en souriant, ce sourire qui vous intimide.

J'étais allongé sur un divan, à ma droite un verre d'eau et devant moi le soleil se couchait en ce lundi d'un mois de décembre frigorifié.

Monsieur Perceval venait de terminer sa quatrième séance, il m'était important dorénavant de répondre à ces multiples interrogations.

 

Au 15 rue de la Maladrerie, il ne faisait pas bon d'ouvrir des portes quelquefois.

 

 

 

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L'homme de Laredo

1 Mars 2017, 21:15pm

Publié par vincent auteur

 

 

 

Il était beau mon frère, William, qu'il s'appelait. Un physique de jeune premier, un Marlon Brando à ses débuts , comme j' ai toujours entendu dire. Toutes les filles le craignait et lui n’ en aimait qu' une: Elisa Day.

Superbe, blonde, elle était la fille du pasteur de Laredo et la plus belle de la ville.

Il était beau mon frère, je me souviens de lui comme si c’ était hier. Pourtant il est mort il y a maintenant 35 ans, plus exactement le 19 mars 1975.

Son visage anguleux, sa démarche droite et assurée, il portait toujours une chemise blanche avec un pantalon noir. Souvent perdu dans ses pensées ...

Il était beau mon frère, William Moser. Toutes le craignaient . Il avait une passion : les serpents et surtout le serpent Corail de couleur rouge et jaune, mais plutôt sang et or, comme il disait. Sang comme la couleur préférée de mon frère .

Nos parents étaient horticulteurs et récoltaient des roses rouges, mais William n’ aimait que ces roses -là quand elles étaient fanées .

Il était beau mon frère mais étrange, tout de même. Tous les soirs à la tombée de la nuit, il se faufilait à la manière d’ un serpent et, sans un bruit, il partait à la recherche de proies. Dans notre petite ville de Larédo, plusieurs jeunes filles d' environ 20 ans avaient été retrouvées dans les marais, étranglées par un serpent et portaient toutes une rose rouge fanée plantée dans le coeur. Toutes étaient nues, de légères gouttes de sang ruisselant sur leur corps à la beauté virginale.

 

Il était beau mon frère, obscur, taciturne, un prince de la mort, héritier du comte Dracula. Il habitait une petite maison de bois à deux pas du Rio Grande. Tout jeune, il avait travaillé avec notre père dans l’ exploitation familiale et à l’aube de ses 30 ans, il avait jeté les clés de cette entreprise florissante et vivait seul dans cette étrange maison entourée de ses serpents; ces Micrurus Collaris comme il aimait les appeler; une des espèces les plus dangereuses du monde. Seul, tout seul, perdu dans ses pensées amoureuses. Il ne pensait qu'à Elisa ,il ne tuait que pour elle.

 

Il était beau mon frère. Il l’ avait rencontré un matin en sortant de chez Baker’s, le fleuriste et depuis 4 ans ,ne pouvait oublier sa prestance et sa chevelure dorée . Jamais il ne l’ aimerait vivante, il le savait. Ces filles, il les repérait, puis avec un excellent scénario, s’ en approchait et les enlevait.

Jamais je n’ ai su , ce qu'il leur faisait subir, non, jamais. Une chose est sûre , ces filles n’étaient jamais retrouvées violées, il avait trop de respect pour leur corps de femme .

 

Il était beau mon frère; moi-même je ne l’ai connu qu'au travers du récit de mes parents; il était mon aîné de 20 ans. Mon cher frère, mon pire frère, il aimait, mais n’ a jamais été aimé. De personne. Ces filles nues, un serpent mort autour du cou , une rose rouge fanée plantée sur le cœur. Il aimait à en tuer. Toujours cinq petites gouttes de sang éparpillées sur les corps dénudés, comme des vierges sacrifiées.

Ce n’ était pas un bourreau des cœurs mais un bourreau du cœur, il aimait à en mourir. Il le savait; après Elisa, sa sixième et dernière victime,ce serait lui. Après Barbara , Anna , Maria , Esperanza et Louisa , viendrait le jour d' Elisa Day .

 

Il était beau mon frère. Il observait, scrutait, épiait et ne pensait qu'à elle. C’ était un samedi, le sixième jour de la semaine. Il sonna au 2 Langton Road , une petite maison bourgeoise aux volets verts. Il savait qu'à 11h, Elisa serait seule. Lorsqu’ elle ouvrit la porte, William , caché derrière le bouquet de roses rouges, se jeta sur elle et à l’ aide d’un tampon de chloroforme, l’ endormit et l’ emmena dans son fourgon blanc.

Personne ne vit quoi que ce soit . Elle était à sa merci , son objet si longtemps convoité, elle était enfin à lui .

 

Allongée sur ce lit, dans cette pièce exiguë, elle versait des larmes , ne sachant ce qui se passait. Elle était nue et attachée de part et d ‘ autre par de grandes lanières de tissus rouges vifs.

William s ' approcha d ‘elle, un serpent autour de son cou et lui susurra de doux mots qu’elle n’ entendit même pas ! Il lui avait préparé un lit de roses rouges fanées, sur lequel se déplaçaient deux serpents corail couleurs sang et or . Pour Elisa, il avait choisi ses plus beaux spécimens .Etonnament, elle ne tremblait pas, elle attendait sereinement .

 

Elle était belle Elisa. On retrouva son corps nu sur son lit de roses, le lendemain matin , couvert de rosée .

Elle était belle, un serpent autour du cou et une rose rouge fraîche sur le cœur. Elle souriait .

 

On retrouva mon frère le lendemain, lui aussi couché sur un lit de roses , une rose rouge sur la poitrine, une mèche de cheveux d'Elisa dans sa main droite et un serpent autour du cou.

 

 

Il était beau mon frère.

 

 

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Ouzbek me voilà ! partie 8

5 Février 2017, 21:58pm

Publié par vincent auteur

 

 

Ouzbek me voilà, Ouzbek je suis à toi.

Loin de Paris, je me fais une joie d'explorer tous les méandres de ce peuple oublié par notre société en constante évolution. Je me sentais revivre ici, dénué de toute obligation, j'avais à coeur de réaliser mon travail parmi les habitants souriants de ce merveilleux pays, j'aurais même le droit de qualifier ces êtres de belle âmes.

Le "renard bleu" me passionnait et mon regard se posait sur mes tendres amis qui échangeaient leurs propos agréablement, le sourire de façade se conjuguait au pluriel dans cette vie faite d'incertitudes et quelquefois de désespoir. Mais ce qui était curieux contrairement à nous "pauvres " occidentaux malhabiles c'était leur qualité d'écoute. Ils n'avaient rien mais ils donnaient avec un plaisir non dissimulé.

 

Nous avions tous les trois dormi chez une famille typiquement Ouzbek, Tohirbek et son épouse Shalo se firent un honneur de nous recevoir dans leur humble demeure. Une simple bâtisse de bois mais qui respirait la joie de vivre. Ils nous présentèrent leurs enfants, une fille prénommée Raya d'environ cinq ans et le petit dernier, un petit blondinet de tout juste un mois, Uktam.

Un rayon de soleil illuminait leur visage, heureux de rencontrer de nouveaux arrivants, impatients qu'ils étaient de pouvoir écouter nos aventures. Tohirbek, un fringant paysan des plaines ouzbeks, nous servit une rasade de leur boisson local, un puissant alcool de 45° ; par ces temps froids et rudes.

Islom et Piotr conversèrent joyeusement avec ce couple, qui semblait-il n'avait guère l'habitude de rencontrer de tels voyageurs. Moi curieux comme tout, je m'amusais à les regarder, leurs yeux brillants de bonté et de bonheur. Finalement j'étais bien ici, un pays, des amis, une aventure qui me guidait jusqu'ici.

Je découvrais cette chance de pouvoir dormir dans une habitation traditionnelle Ouzbek, une yourte faite de toile et de bois d'une surface d'environ 40 mètres carrées. D'une famille de nomade ancestraux, Tohirbek avait choisi finalement une vie sédentaire mais en gardant l'habitat de ces ancêtres.

Le calme régnait dans cette demeure à la nuit tombée. La nature semblait s'être plongée dans un sommeil profond également.

Mes rêves s'éparpillèrent tels un arc en ciel de couleurs festives.

Une pensée pour mes proches restés à Paris, ma petite Viviane devait avoir bien grandi depuis mon départ, et ma femme que fait-elle de ses journées, pense t-elle à aller voir ma pauvre mère souffrante.

Mon départ avait été précipité, mes valises faites à la hâte. Ma femme n'aimait pas trop que je m'aventure dans ces pays où l'on ne connaissait pas grand chose. Je prenais le risque il est vrai, mais ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse. Et je voulais donc rester jeune et cette soif de découverte et d'apprendre ne me quittait pas. Où me conduirait ma prochaine destination, vers les rives de l'Oural, aux abords des frontières du Kirguizstan ou une épopée sibérienne m'attendrait.

J' étais fasciné par ce continent surdimensionné, ces populations rayonnantes et fraternelles.

J'aimais ce mystère que dégageait chaque sourire, chaque poignée de main.

Ils me faisaient et même sourire par moments, ces deux personnes devenues compères voire amis.

 

Je me voyais y rester, ma famille me rejoindrait dans cet havre de paix entourés de mes fidèles amis et ses doux habitants.

Mais en attendant il me fallait continuer mes pérégrinations, mes aventures naturelles et retrouver cet animal qui n'avait de cesse d'occuper mon esprit d'éternel adolescent.

 

 

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A l'ouest du nouveau !

15 Décembre 2016, 23:44pm

Publié par vincent auteur

 

 

Depuis déjà trois jours qu'il voguait sur ce géant qu'était le Colorado, il voyageait toujours ainsi, le canoë, les peaux de castor, et une bonne vieille Winchester acheté à Hobus, un trappeur vivant désormais en ermite à Rifle. Jacques, par ses ascendances françaises, avait une facilité à naviguer. Son grand-père paternel lui avait appris les rudiments de la "barque attitude"sur les rives de la Garonne avant son départ pour la grande Amérique.

 

 

En cette année 2050, tout était redevenu comme avant. Les Pawnees avait repris leur territoire, les castors, leurs cours d'eau et les trappeurs, leur métier. Du jour au lendemain, le monde d'avant était celui de maintenant. En un coup de baguette magique, les hordes d'indiens, Cheyennes, Peaux-Rouges et autres "sauvages des plaines " reprirent possession de leurs territoires au dépend des hommes blancs. On avait l'impression de regarder un Western, dont le regretté John Wayne aurait été si fier.

Les gratte-ciel avait laissé la place aux Séquoia géants, les chevaux n'étaient plus fiscaux.

Un splendide retour en arrière !

 

Jacques, le fusil en bandoulière, s'amarra à une berge et s'employa à observer son environnement. Des traces de pattes stimulèrent son attention, le castor, une réserve de fourrure en conséquence. Il ne lui restait plus beaucoup de peaux et il se devait d'en rapporter une dizaine au chef Pawnee, Bison d'Argent en échange de quoi, il serait libre de circuler sur leur territoire.

Il faisait beau ce jour, un premier jour de printemps, ensoleillé et baigné des douces odeurs florales, les roses , les aubépines, un océan coloré, un arc en ciel de senteurs. Jacques était bien, loin des soucis. Il se dirigea sans compter vers son travail, observer ses proies. Ce soir, il mangerait un vieux reste de viande de cerf sur un feu de bois. Il aimait dormir à la belle étoile, dormir sous les feux de la rampe, le ciel d'un monde sauvage et tellement attirant.

Les yeux de Jacques se fermèrent dans le silence de la nuit américaine.

 

Le lendemain matin, 1er septembre, Jacques fut réveillé par des bruits de sabots, ils étaient quatre, quatre magnifiques alezan, montés par quatre Pawnees. L'air froid, ils venaient aux nouvelles, savoir si les peaux de castor serait prêtes bientôt. Les indiens ne savaient pas attendre. Les marques sur leur visage ne laissaient présager rien de bon, ils savaient à coup sûr mettre en garde leurs adversaires.

 

En cette année 2050, il restait bien quelques vieilles carcasses de tôles, synonymes du temps passé, qui semblaient dormir à l'ombre de la végétation. Jacques se démenait pour trouver ses proies, un panneau " Denver 300 km " de couleur rouge rouillé, trôna sur un tapis de mousse.

 

En cette année 2050, les indiens étaient les rois des montagnes, rien ne pouvait les arrêter.

Jacques reprit son canoë, ses peaux et longea le fleuve, écoutant au passage le bruit des feuilles sous le vent.

 

Il avait décidé un beau matin de rallier la belle Amérique, ses parents en avait toujours rêvé, lui l'avait réalisé. Là bas, la vie plus facile. Là bas, la grande aventure. Il voulait les voir en vrai, ces descendants de Sitting Bull ou de Géronimo.

Un voyageur décidé à rompre sa monotonie, à voir dans ce nouvel environnement un eldorado.

Un certain Christophe Colomb l'avait découverte en 1492, il avait visité ces terres jusque là inconnus, et dorénavant Jacques avait la conviction d'être le Découvreur du Colorado à bord de sa Santa Maria.

Rien ne pouvait plus lui échapper, les odeurs, les paysages, tout était bon à prendre !

 

Fini les réserves pour accueillir ces honorables maîtres des prairies embisonnées. Ils avaient retrouvé leur territoire, leur domaine de prédilection; toutes les réserves avaient été réouvertes, la liberté retrouvée.

 

A l'orée d'un monde retrouvé, Jacques se dressait fier devant tant de beauté.

Son métier, son univers désormais ici même, plus rien ne pourrait lui faire regretter son passé !

 

En cette année 2050, il était le poète de sa vie, sublimant ce nouvel eldorado. Les bras levé vers le ciel, il le remerciait, le saluait.

En cette année 2050, il n'avait pas senti la flèche le transpercer de part en part. Le regard, toujours tourné vers le ciel, les yeux embués de larmes, il remercia la vie mais la mort le prit.

 

Bison d'argent se tenait devant ce corps, il fit une prière et ramassa les quelques peaux de castor, avant de partir.

Les vautours se chargeraient du travail.  

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Très Chèr Père Noël

14 Décembre 2016, 22:44pm

Publié par vincent auteur

 

 

Ah je le savais bien que c'était une mauvaise idée d'accepter cette invitation rituelle et régulière.

Ah ces p.. de traditions, c'est quoi donc que ce « P » tout seul qui se balade au creux de ma phrase, serais je donc à ce point désagréable au point de renier ces traditions d'un autre temps, mais lequel donc … ?

 

Tel un enfant faisant une colère, je me refusais à pénétrer dans ce lieu d'un autre âge, rempli de bibelots d'avant guerre, sentant le renfermé, une odeur indescriptible, enfin si, odeur de moisi, mélangée à ces désodorisants de toilettes publiques.

 

Je suis coincé, je ne pourrais pas partir avant la fin. Avec une peu de chance, on devrait prendre le café à l'heure de l'apéro, et prendre l'apéro à l'heure du coucher.

 

Il est vrai que la moyenne d'âge dans cette pièce avoisinerait presque le millénaire, et tout ça avec une quinzaine de personnes. Je tiendrais le coup, et si possible me cacher derrière le sapin au risque de bouffer quelques épines au passage.

 

Les enfants, désireux de déballer leurs cadeaux, n'en pouvaient plus d'attendre au risque de faire une crise en nerfs entre les bouteilles d'eaux ferrugineuses, et l'alcool fort d'oncle Jules, ne sachant pas si c'était l'oncle ou la bouteille qui brûlait le plus.

Ils trépignaient d'impatience ces beaux petits diables, tirant légèrement sur le papier d'emballage presque transparent, depuis le temps qu'il siégeait au fin fond du garage.

Je le savais bien que j'aurais dû poser un arrêt de repas, cause maladie.

 

Même la grand mère, ou l'arrière grand mère, ou même … Je ne pourrais pas imaginer sa date de naissance, entre deux guerres, avant guerre, prussienne, ou même de Troie.

Pauvre petite vieille, assise en le Di Vin Oncle Jules, et l' Al Zemeir Gabriel. Oui oui c'est son nom, d'ailleurs serais lui le responsable de cette découverte exemplaire. A croire que oui, vu le regard vide qu'il nous expose, il a dû tout oublié jusqu'à son nom. Encore la terrible influence de cet Oncle Jules, commercial sédentaire en vin du Pays d'Oc.

 

Je ne regretterais peut-être pas d'être venu, qui sait.

 

Le Père Noël saura bien me pardonner, d'ailleurs n'est ce pas mon prénom qui trône sur le plus gros paquets ?

 

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Sur les lignes de l'amer ( partie 3 )

20 Août 2016, 22:17pm

Publié par vincent auteur

Sur les lignes de l'amer, la solitude me pèse ; seul en compagnie de ce qui reste de mon équipage, sur des mers, sur des océans.

La solitude me pèse douloureusement sur ce vieux gréement, vieil outil qui a combattu avec autant de ferveur que moi sur toutes les mers, les océans ; parcouru au-delà des marées, des miles d'aventures, des réussites ou des échecs.

Sur les lignes de l'amer, j'ai tout perdu, vaille que vaille ; mes chers compatriotes, des marins de tous bords, des plus illustres souvenirs de flibustiers, de cor saires aguerris.

Je ne sais plus où sont passés mes limites, le bateau navigue droit devant lui, guidé par je ne sais quelle force.

Tout le monde est à sa place et moi seul aux avant postes, je domine le bleu du ciel et de l'enfer, et j'acquiesce, fier de mon parcours, j'en ressent la fin.

La fin d'un si beau voyage au fil de ces années, de ces parcours incommensurables, des ces rencontres impromptues, de ces luttes acharnées.

Le vent s'est levé sur toute une vie d'errance maritime , sur une vie ponctuée d'une malice incommensurable. La mer et ses limites, la mer et ses tendres certitudes.

Je me suis levé d'un bond ce jour là, fier comme un Dieu, désireux de parcourir les flots en une sarabande, en une danse aquatique. Les voiles sous les vagues du vent, les sternes les accompagnant.

Sur les lignes de l'amer, à présent, seul et sans prétention, que ferais je à présent ?

Sur les lignes de l'amer, j'attends...

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