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Vincent Zochowski auteur

Articles avec #ecrits

En éveil

6 Août 2017, 08:05am

Publié par vincent auteur

Je suis quelque peu surpris par cette atmosphère, ce moment intime qui nous surprend quelque peu. Je dessine des mouvements de ma main, sentir l'espace entre moi et les autres, sans me douter de la scène présente à cet instant.

Le vent dessine sur mon corps des ondes magiques, des mouvements perpétuels, je simule, j'obtempère sans me laisser faire, sans être gêné de quelques manières fussent-elles délicates ou pas ?

Les odeurs me parviennent, lourdes ou légères, délicates ou soudaines, je me prends au jeu devinant par là même, leur provenance. Je suis bien dans ce monde qui est le mien, je jubile d'en connaître plus que les autres, je me régale de ce pouvoir. Savoir dans quel lieu je me trouve, rien qu'à l'odorat, des effluves me parvenant subrepticement, tout doucement.

Les sons jusqu'à moi me submergent, m'inondent de joie quelquefois. Savoir qui est là et à quel moment, quand le coucou retentit ou les cors sonnent l'hallali. Je suis aux anges quand l'église se met à chanter, devinant à quelle heure il est temps de se mettre à marcher.

Je suis en éveil, ne regardant pas, ne voyant plus mais en alerte tout de même.

Je suis un non voyant mais pas ni non entendant, ni non sentant. En éveil tout simplement.

 

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au revoir et à bientôt

30 Juillet 2017, 07:36am

Publié par vincent auteur

Le médecin m'avait bien prévenu, ce n'était qu'une question de temps, mais de quel temps avait il choisi de me parler. Le temps est tout pour moi, ou du moins pour ce qu'il m'en reste.

Quelques instants encore à attendre dans le creux de ce lit que je ne supporte plus. Depuis 6 mois déjà, je creuse ma tombe dans cette pièce aux murs blancs, dans ce silence oppressant où seules les machines ronronnent, où le seul parfum ambiant est celui des produits hospitaliers.

Ils ont choisi de me débrancher, comme ça, comme on débrancherait une vulgaire prise de courant pour économiser un tant soit peu d'énergie. Mais il vrai que l'énergie, je n'en ai plus guère, seulement pour ouvrir et fermer les yeux.

Le temps me presse d'en finir, un simple mot et tout est parti. Je n'ai plus à faire ici, j'ai assez vécu, bien m'en a pris quelquefois. Je ne suis plus moi-même, je suis autre. Un être décharné qui n'en a plus, qui ne fait plus. Il survit, à défaut de surgir. Je ne suis plus rien dans ce paysage urbain, juste un être au bout du fil de son existence. Je me surprends tout de même à penser à l'avenir, mais quel est t-il cet avenir dont je ne cesse de penser ou de rêver? Assis sur un nuage à la droite de Dieu ou bien dans les méandres d'une diablerie toute faite. Je ne sais où je serais dans quelques heures, mais je suis impatient de franchir ce pas, rompre cette situation un brin délicate pour tous mes proches. Je leur souhaite de tout coeur de vivre pleinement, le vie est merveilleuse , si si.

Je suis au bout de mon parcours, j'ai marché, j'ai marché et maintenant il est temps de stopper pour enfin pouvoir me reposer à jamais.

Je suis prêt, docteur, allez y , tirez sur cette prise et éteignez moi, les programmes sont terminés.

 

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Quel voyage !

26 Juillet 2017, 17:35pm

Publié par vincent auteur

Je n'aurais pas dû faire ce voyage, Dieu m'en préserve. Il m'aura fallu une grande détermination pour me mettre à plat, pour mettre en exergue toute cette folie douce qui s'échappait de mon esprit. Le désir inavoué de se confier, de se mouvoir dans cet espace réduit qu'est l'être incarné que je suis devenu.

Je n'aurais pas dû faire ce voyage, m'ont-ils tous conseillé, que je ne devrais pas me lancer dans de pareilles aventures, qui malgré moi m'attiraient tout de même.

Un instant parmi tant d'autres, que ce voyage, une aventure surhumaine, une épopée chevaleresque pour certains ou un voyage à la limite du tolérable pour d'autres. Je ne sais pas où cela me mènera, mais qu'importe, le chemin est à suivre dés lors.

Je n'aurais pas dû faire ce voyage à l'instant T ou à l'heure H, mais allongé sur ce divan, j'apprécie la plénitude de ce moment, la richesse de ce doux instant. Je me réfugie dans mon être impalpable, celui qui siège dans l'insconcient, celui qui domine les plus âpres sensations, d'un individu qui se cherche au-delà de cette espérance.

Je n'aurais pas dû faire ce voyage, ah oui ?

Mais quel voyage tout de même , celui dont on ne s'attend pas, celui qui nous réserve de multiples surprises à la rencontre de notre moi. Celui dont je craignais le pire est devenu le meilleur, celui caché au fond de cette abysse, de ce lieu inconnu de tous.

Les yeux fermés, je contemple ce Moi, celui dont on ignore les talents.

J'ai bien fait de faire ce voyage, croyez moi.

 

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C'est un jardin

22 Juillet 2017, 08:27am

Publié par vincent auteur

C'est un jardin …


 

Il est revenu, son chapeau en tête, sa bonhomie habituelle, son plaisir d'être ailleurs ou ici même si ici est un ailleurs. Petit homme tout de blanc vêtu à l'aube de ce siècle doré, de ce siècle heureux de découverte. Mais qu'importe, il aime la bienveillance se dégageant de ce champ de fleurs, de cet espace clos où la nature a le plus beau rôle, celui de poser pour la postérité.

Il se dégage de lui la plénitude à l'état pur, la joyeuseté idéale pour satisfaire au mieux ces envies d'ailleurs ou d'ici.

Il se retrouve chaque jour ici, entendant le caquètement des poules d'eau, essayant de comprendre le langage des cygnes voguant sur cet étang.

Paul, son voisin jardinier, le retrouvait chaque jour pour une partie de cartes endiablée, un moment privilégié entre deux êtres que tout semble séparer. Un artiste et un homme de la terre, mais un homme de la terre se doit d'être un artiste et un artiste aime la terre, tout deux se complète délicatement sous les rayons ensoleillés du matin. Il aime le chant de la Ru, douce clameur d'une eau enchantée, d'une eau en transparence sous le regard de l'artiste.

Somptueusement, il vogue de couleurs en couleurs, du noir au blanc en passant du rouge vermillon ou du bleu outremer pour un voyage jusqu'au tréfonds de son âme enchanteresse.

Les yeux fermés, il songe au comment, au pourquoi, à la technique qui fera de son paysage, une oeuvre de toute beauté. Son ami sera là pour son avis, lui donner, de ses poèsies lui fera rimer pour d'un oeil lui sublimer ses Nymphéas.

Au début du siècle, une oeuvre est née.

 

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