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Vincent Zochowski auteur

Passé, Présent, Futur imparfait

13 Mars 2017, 16:35pm

Publié par vincent auteur

Passé, Présent, Futur imparfait

 

 

Je ne sais pas ou je suis tombé, certainement au plus profond d'un précipice, on ne sait où. Je me réveille après une nuit faite de bric et de broc et j'attends. J'attends que le temps passe ou que l'on me libère de ce trou béant qui …

J'en perdrais mes mots, silencieusement, tranquillement dans cette antre mystérieuse.

 

Une pièce, quatre murs, quatre portes, toutes fermées à clef.

 

Je m'en remets au destin, un simple signe des temps, peut-être, je ne suis guère croyant mais j'ai l'impression aussi étrange soit-elle d'être dans un confessionnal à la merci d'un quelconque donneur de leçons.

 

J'ai mal, mal à en mourir, mal en mourir d'ennui.

Je me rapproche doucement de la première porte et dans un réflexe de curiosité, me penche doucement vers la serrure et ce que j'y vois me surprend au plus haut point.

 

Un homme, la cinquantaine avancée, une femme du même âge et un enfant, Moi, à 12 ans.

 

Ce ne peut être possible, impossible de revenir en arrière, pas une seule fois je n'aurais pensé revivre ces scènes, ces moments pénibles.

Je revois l'enfant que j'étais, incapable de moindres sentiments, éclatés dans une guerre de parents, d'époux.

Je suis revenu du passé, de ce passé imparfait, l'oeil collé sur cette porte de couleur noire.

Je ne peux imaginer ce qui pourrait se passer derrière les autres, rouge, verte ou bleue.

 

Les cris fusent à travers cette porte et l'enfant que j'étais se cache sous son manteau, derrière sa mère ou son père ; les cris fusent et cet enfant pleure les larmes qu'il retient depuis des années. L'homme d'un geste brusque lance une chaise contre le mur et renfrogné quitte la pièce, laissant seul les autres hôtes de la pièce.

Je ne peux croire ce que je vois, mon passé est devant moi dans les moindres détails.

 

La porte bleue ne m'inspire pas davantage, des tremblements parcourent mon corps, que vais je découvrir de plus ou de moins pire. J'ai envie de taper sur ces murs qui m'entourent, sur des parois de verre, ses miroirs qui prolongent ma vie d'un coup. Je revois les coups portés sur ce corps d'enfant.

« Demandez moi de renoncer, sortez moi d'ici qui que vous soyez »

 

Je crie, hurle et mes poings ensanglantés laissent sur cette porte les tracas d'une vie explosée.

 

1990, 2000, 2010, j'ai perdu toute notion de temps, je ne me souviens guère de mon année de naissance, c'est moi que je vois derrière cette porte mais impossible de dater cette scène. Je suis comme atteint d'une amnésie.

La porte bleue devant moi, sa serrure semblant m'invoquer. 

J'ai toujours aimé la couleur bleue, en espérant que cette fois ci je ne serais pas déçu. Je me dirige timidement vers la serrure, le trou s'offre à ma vue, les yeux écarquillés. La scène est tout autre, un semblant de nature s'offre à moi, des enfants courent en riant, des hommes et des femmes tout endimanchés, la joie rayonne dans cette scène.

Et là, toujours présent ce petit enfant à l'allure espiègle, au sourire malicieux, l'enfant de la porte noire, l'enfant pleurant dans les jupons de sa mère ou les pantalons de son père.

Moi, sous un autre jour, riant, courant, jouant avec mes cousins, Antoine, Hervé, Justine, Marion et Victor. Les bons moments d'une enfance. Je ne pleure plus mais ris de me voir si frais, si pur et si enjoué. Des souvenirs perdus qui reviennent à la surface ; mes tendres années.

 

Des pleurs, des rires !

Mais pourquoi donc, où donc suis je tombé ?

Pourquoi suis ici et qui m'en veux donc ?

Je me pose cette question tout en regardant la porte rouge vers laquelle je me dirige cette fois tout en confiance. Le rouge, le rouge sang, le rouge flamboyant, le rouge énergique.

L'oeil rivé à la serrure, tout me revient ici bas, toute cette souffrance me revient en pleine face. Il n'y a rien derrière cette porte, à part une table, des chaises et une grande mare de sang au sol et un enfant assis, pleurant à chaudes larmes.

Il y a du sang sur la table, sous la table, sur la chaise, sous la chaise et sur les mains de cet enfant.

Je suis cet enfant.

 

Désemparé, désorienté, la porte verte vient à moi malgré tout.

Elle sent bon, le vert d'un revirement, un vert d'une beauté surprenante. Et vient à moi à travers cette serrure, des odeurs de fleurs, de bois, des chants d'oiseaux, tout un monde enchanteur. Un enfant muni d'un arc de bois, sifflotant, chantant dans une forêt verdoyante.

Je suis cet enfant, je suis ce petit homme dodelinant de la tête, courant après les oiseaux, reniflant ces fleurs, courbant les branches d'un saule pour en faire une catapulte. Cet enfant est bien seul mais bien vivant.

 

Il y a comme un sentiment étrange dans cette pièce aux multiples portes, c'est une vie que je parcours dans ces différentes portes, une vie qui revient à moi dans les moindres détails.

 

« Mais que pensez vous de tout ça monsieur? »

« Que vous inspire ces différentes images? »

 

L'homme qui se tenait à mes cotés, ressemblait à un médecin en habit du dimanche. Assis à mes cotés, munis d'un cahier rouge, il me regardait en souriant, ce sourire qui vous intimide.

J'étais allongé sur un divan, à ma droite un verre d'eau et devant moi le soleil se couchait en ce lundi d'un mois de décembre frigorifié.

Monsieur Perceval venait de terminer sa quatrième séance, il m'était important dorénavant de répondre à ces multiples interrogations.

 

Au 15 rue de la Maladrerie, il ne faisait pas bon d'ouvrir des portes quelquefois.

 

 

 

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Ouzbek me voilà ( partie 11 )

2 Mars 2017, 21:53pm

Publié par vincent auteur

Ouzbek me voilà ( partie 11 )

 

Kyzylkum nous attendait, son désert torride, ses miracles peut-être ? Nous partirions aux aurores, au moment où la nature se révèle calme et enchanteresse. Sous les meilleurs auspices, nous continuerons notre périple, en véritables aventuriers.

En véritables chasseurs de trésors nous découvrirons les plus humbles demeures, nous rencontrerons de parfaits inconnus, soucieux de croire en un monde salutaire.

Il nous faudrait au moins huit jours de marche, huit de parfaite harmonie avec la nature. Nous ne ferions qu'un avec les chevaux, qu'un avec cette nature environnante.

Mes souvenirs avec moi, je reprends la route avec mon fidèle des plus fidèles, ce cher Islom.

 

Le route sera dure, nous le savons tous deux, mais peu importe, la vraie vie est ici, pleine de découvertes et d'aventures.

Kyzylkum nous voilà !

 

Ce pays grandiose, cette terre si souvent hostile au fil des siècles, depuis l'empire d'Alexandre le Grand jusqu'à celui des tsars, ce pays a vu naître, s'affronter ou cohabiter les plus grands empires.

Une terre de combat et de justice.

Islom en forme, marchait avec force et convenance, avec une détermination sans failles. Il avait l'allure dans grands aventuriers, des hommes dignes d'un grand respect.

 

La route promettait d'être longue avant d'arriver dans ce fameux désert.

 

Silencieux comme le vent d'est, comme cette profondeur que nous donne cette nature enrichissante.

La route promettait d'être longue certes mais cette expédition sera toujours enrichissante.

Nous partîmes deux et nous serons toujours ensemble quelque que puisse être la situation.

 

Pampultar nous attendrait de pierres fermes, ses monuments gigantesques avec ses faïences d'une dorure exceptionnelle, des tours inimaginable d'une moquée diablement colorée.

Pampultar, digne de ce nom. Un bijou, rien à dire de plus.

 

Elle prenait place au cœur de désert de Kyzylkum, une oasis de vie et de verdure, un chemin de croix sans conséquences, une rupture anecdotique.

Je parlais toujours lorsque je marchais, peut-être cela m'aidait-il à réfléchir ou à me concentrer sur mon devoir, sur mes actes. Tout cela n'avait pas l'air d'inquiéter Islom, fier gaillard qui devait certaines fois me prendre pour un fou. Mais qu'importe ce doux regard de ce fidèle ami, je me comportais comme un homme qui aimait cette terre, ce soleil, ces animaux. Fier de fouler ce pays béni des Dieux.

 

Je me souviens d'un temps passé, ou un petit enfant curieux de tout se baladait au gré du vent d'antan, rimes effacées d'un monde que l'on ne peut oublier.

J'ai voyagé à travers les livres, dégustant pages après pages, les silences, et les bruits de fond de ces aventures sans commune mesure, intemporelles. Les épisodes inoubliables de ces héros de cape et d'épée, du Capitaine Fracasse, de Cyrano de Bergerac. Que de moments, assis sur le rebord de la fenêtre de ma chambre, voyageant avec ceux qui m'ont fait rêver.

Je suis ici dans ce pays étranger, à l'ombre de ces arbres, les Plimules, ces chênes légendaires et millénaires, là où le vent a bien du mal à entrer, à se figer dans le silence de cette nature chatoyante.

 

Je navigue avec fidèle ami, accompagné de deux magnifiques chevaux offerts par notre dévoué Tohirbek. Grâce à lui, à sa famille, à ses valeureux individus, j'éprouvais un réel plaisir à partager ce beau pays.

A l'ombre des Plimules, il faisait bon vivre sous ce ramages de ces arbres d'une beauté luxuriante, d'une nature tant désirée. Les explorateurs du monde entier désireraient être à ma place.

 

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L'homme de Laredo

1 Mars 2017, 21:15pm

Publié par vincent auteur

 

 

 

Il était beau mon frère, William, qu'il s'appelait. Un physique de jeune premier, un Marlon Brando à ses débuts , comme j' ai toujours entendu dire. Toutes les filles le craignait et lui n’ en aimait qu' une: Elisa Day.

Superbe, blonde, elle était la fille du pasteur de Laredo et la plus belle de la ville.

Il était beau mon frère, je me souviens de lui comme si c’ était hier. Pourtant il est mort il y a maintenant 35 ans, plus exactement le 19 mars 1975.

Son visage anguleux, sa démarche droite et assurée, il portait toujours une chemise blanche avec un pantalon noir. Souvent perdu dans ses pensées ...

Il était beau mon frère, William Moser. Toutes le craignaient . Il avait une passion : les serpents et surtout le serpent Corail de couleur rouge et jaune, mais plutôt sang et or, comme il disait. Sang comme la couleur préférée de mon frère .

Nos parents étaient horticulteurs et récoltaient des roses rouges, mais William n’ aimait que ces roses -là quand elles étaient fanées .

Il était beau mon frère mais étrange, tout de même. Tous les soirs à la tombée de la nuit, il se faufilait à la manière d’ un serpent et, sans un bruit, il partait à la recherche de proies. Dans notre petite ville de Larédo, plusieurs jeunes filles d' environ 20 ans avaient été retrouvées dans les marais, étranglées par un serpent et portaient toutes une rose rouge fanée plantée dans le coeur. Toutes étaient nues, de légères gouttes de sang ruisselant sur leur corps à la beauté virginale.

 

Il était beau mon frère, obscur, taciturne, un prince de la mort, héritier du comte Dracula. Il habitait une petite maison de bois à deux pas du Rio Grande. Tout jeune, il avait travaillé avec notre père dans l’ exploitation familiale et à l’aube de ses 30 ans, il avait jeté les clés de cette entreprise florissante et vivait seul dans cette étrange maison entourée de ses serpents; ces Micrurus Collaris comme il aimait les appeler; une des espèces les plus dangereuses du monde. Seul, tout seul, perdu dans ses pensées amoureuses. Il ne pensait qu'à Elisa ,il ne tuait que pour elle.

 

Il était beau mon frère. Il l’ avait rencontré un matin en sortant de chez Baker’s, le fleuriste et depuis 4 ans ,ne pouvait oublier sa prestance et sa chevelure dorée . Jamais il ne l’ aimerait vivante, il le savait. Ces filles, il les repérait, puis avec un excellent scénario, s’ en approchait et les enlevait.

Jamais je n’ ai su , ce qu'il leur faisait subir, non, jamais. Une chose est sûre , ces filles n’étaient jamais retrouvées violées, il avait trop de respect pour leur corps de femme .

 

Il était beau mon frère; moi-même je ne l’ai connu qu'au travers du récit de mes parents; il était mon aîné de 20 ans. Mon cher frère, mon pire frère, il aimait, mais n’ a jamais été aimé. De personne. Ces filles nues, un serpent mort autour du cou , une rose rouge fanée plantée sur le cœur. Il aimait à en tuer. Toujours cinq petites gouttes de sang éparpillées sur les corps dénudés, comme des vierges sacrifiées.

Ce n’ était pas un bourreau des cœurs mais un bourreau du cœur, il aimait à en mourir. Il le savait; après Elisa, sa sixième et dernière victime,ce serait lui. Après Barbara , Anna , Maria , Esperanza et Louisa , viendrait le jour d' Elisa Day .

 

Il était beau mon frère. Il observait, scrutait, épiait et ne pensait qu'à elle. C’ était un samedi, le sixième jour de la semaine. Il sonna au 2 Langton Road , une petite maison bourgeoise aux volets verts. Il savait qu'à 11h, Elisa serait seule. Lorsqu’ elle ouvrit la porte, William , caché derrière le bouquet de roses rouges, se jeta sur elle et à l’ aide d’un tampon de chloroforme, l’ endormit et l’ emmena dans son fourgon blanc.

Personne ne vit quoi que ce soit . Elle était à sa merci , son objet si longtemps convoité, elle était enfin à lui .

 

Allongée sur ce lit, dans cette pièce exiguë, elle versait des larmes , ne sachant ce qui se passait. Elle était nue et attachée de part et d ‘ autre par de grandes lanières de tissus rouges vifs.

William s ' approcha d ‘elle, un serpent autour de son cou et lui susurra de doux mots qu’elle n’ entendit même pas ! Il lui avait préparé un lit de roses rouges fanées, sur lequel se déplaçaient deux serpents corail couleurs sang et or . Pour Elisa, il avait choisi ses plus beaux spécimens .Etonnament, elle ne tremblait pas, elle attendait sereinement .

 

Elle était belle Elisa. On retrouva son corps nu sur son lit de roses, le lendemain matin , couvert de rosée .

Elle était belle, un serpent autour du cou et une rose rouge fraîche sur le cœur. Elle souriait .

 

On retrouva mon frère le lendemain, lui aussi couché sur un lit de roses , une rose rouge sur la poitrine, une mèche de cheveux d'Elisa dans sa main droite et un serpent autour du cou.

 

 

Il était beau mon frère.

 

 

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