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Vincent Zochowski auteur

Ouzbek me voilà ! partie 10

25 Février 2017, 23:05pm

Publié par vincent auteur

 

 

La nuit avait été bien paisible, solitaire ensommeillé, une pluie de rêves colorés, émaillés d'oiseaux rouges flamboyants, des imprévisibles Osmorre, des oiseaux de toute beauté, une beauté carnassière, mais un régal que de les voir prendre leur envol.

La voix caverneuse d'Islom au réveil me fit sursauter, une voix semblant provenir des tréfonds de l'âme, tel un monstre fantasmagorique.

Tout le monde semblait avoir bien dormi, à part la petite Raya, qui semble t-il avait eu un cauchemar.

Notre présence, j'espère n'ayant aucune influence sur ce sommeil encombré.

 

Une vielle odeur de tabac froid parvint jusqu'à mes narines, une cigarette mal roulé avec un tabac malodorant, de quoi vous remuer l'estomac de bon matin. Islom fumait dehors mais le vent froid d' extrême orient ramena la fumée vers l'intérieur.

Il ne pouvait se lever sans sa drogue matinale, ce qui quelquefois m'exaspérait. Une odeur insupportable ; mais mon compagnon était trop précieux pour se laisser aller à une quelconque bousculade.

Piotr, quant à lui, était déjà levé depuis l'aube ; il était parti se promener dans les rues animées de Tachkent. Sous le caquètement des volailles se disputaient quelques marchands, gesticulant au fil du regard désappointé des chalands. Peut-être une manière comme une autre de se faire de la publicité, ils attirent du monde qui assistent à leur embrouille, et ça fait marcher le commerce qui sait ?

 

Pïotr était un homme curieux, passionné par l'architecture de ces pays, cette magnificence colorée d'un univers magique. Samarcande, Boukhara ou même Khiva, royaumes de l'architecture colorée, une plongée au cœur de cette splendeur orientale.

 

J'aime cet homme, j'aime ces gens d'un horizon différent du mien, je découvre parmi eux pleins de de délices, le sourire allant de pair avec leur visage enrichissant. J'apprenais tout d'eux et de moi par la même occasion. Ma famille me manquait certes, mais j'avais une autre famille à disposition, Piotr Islom et ces chers Ouzbeks. J'en oublierais presque ma mission, mais qu'importe j'avais le temps et j'étais prêt à le prendre, foi d'aventurier.

Les larmes aux yeux, je gardais en mémoire les derniers mots de ma fille avant mon départ et les yeux embués de ma femme et les même larmes regardaient mes compères le sourire aux lèvres, et cette incorrigible odeur pestilentielle de ce tabac venant d'on ne sait ou.

Je pourrais en écrire des lignes et des lignes sur cette aventure finalement humaine en deçà de ma mission zoologique.

 

J'entendais toujours les cris aigus de ces marchands, se disputant allègrement quelques clients étrangers, et même leurs épouses s'y mêlaient. Typiquement orientale cette façon d'attirer le client tout en se disputant avec son cher voisin d'étal. Il y avait des marchands des quatre saisons, des légumes qui chez nous en France auraient passés pour des choses bizarres, des formes et couleurs différentes de nos pommes de terre et autres légumineuses. J'observais ces étalages faits de bric et de broc, quelques tubes de métal soutenant de vieilles planches de bois sur lesquelles trônaient des vases et autres pichets travaillés à la main. A ses côtés, un marchands de volailles, de poules, de canards et d'oies imbriqués dans des cages tels des boites de conserves dans un meubles, peu de places pour respirer mais qu'importe, l'important était de vendre et non de s'occuper de leur bien-être. J'étais écoeuré par ces comportements, moi le protecteur de la faune et la flore. C'était des manières archaïques, mais trop classiques à mon goût.

Fouillant au fond d'une de mes poches, j'en sortis une pièce d'un rouble et j'achetais deux canards qui avaient du être jolis dans une vie antérieure. Des corps décharnés, des plumes manquantes à la base du cou, les pauvres bêtes souffraient le martyr au fond de cette cage en bambou. Ils n'avaient plus rien de l'oiseau majestueux qu'est la sarcelle d'hiver, on ne voyait même plus la couleur à la base de l'oeil, un oiseau devenu méconnaissable.

J'avais choisi ces deux oiseaux, laissant leur congénères à leur auguste destin, cela permettrait aux autres d'être moins serré dans leur prison.

Je laisserais mes deux oiseaux chez Tohirbek, un petit amusement pour les enfants, reste à savoir ce que notre ami ouzbek en ferait.

 

L'avenir commençait à poindre son nez, quand je vis revenir vers moi Piotr, de retour de sa ballade matinale. Il avait les yeux d'un enfant qui découvre les joies de la vie. J'aimais profondément cet homme, un aventurier mais aussi un poète à ses heures perdues. Son regard tendre sous cette apparente de « brute épaisse » nous cachait une sensibilité. C'est ça que j'aimais chez lui, tout simplement.

J'avais autour de moi, une famille, des frères même, qui jamais ne me trahiraient.

Une bonne tape sur l'épaule et tous deux, nous rejoignirent la yourte de Tohirbek, moi avec mes canards en bout de bras sous les quolibets moqueurs de mon ami.

J'avais laissé Islom et la famille de Tohirbek, pour profiter de la fraîcheur du matin et nous revenions, Piotr, d'ailleurs avait les bras chargé de victuailles pour le repas de midi.

 

Nous devions reprendre la route dès demain finalement, pour arriver à mon lieu de destination que seul Piotr connaissait. A vrai dire j'avais une vague idée de notre route, Pampultar ou qui sait peut-être un cadeau surprise d'une terre inconnue ou oubliée par ces hommes honteux de leurs paysages au point d'en voler d'autres.

Le désert de Kyzylkum nous attendait, Piotr savait plus que tout et nous cachait tel un secret, ce voyage du lundi.

 

En rentrant chez Tohirbek, les enfants nous firent une fête, heureux qu'ils étaient de partager le repas du midi avec nous.

Shalo nous avait concocté un repas digne de ce nom. Och, quel nom étrange pour le plat national Ouzbek , un ragoût de mouton agrémenté de riz, d'ail, de raisins et de pois chiches. Un véritable repas de fête. Une odeur, une odeur qui nous caressait les papilles gustatives, un plaisir tout simplement. Etait ce notre cadeau d'adieu ? j'en étais convaincu, les sourires de nos hôtes nous laisseraient un souvenir agréable. J'attendrais la fin de ce déjeuner pour croquer de mon fusain, les traits souriants de nos amis, les regards attendrissants des enfants.

L'après midi serait consacré à la préparation du trajet.

 

Il fallait se mettre à réfléchir à notre parcours, partir dès le lendemain au lever du soleil, à la fraîcheur du matin. En ce mois de juillet, les températures pouvaient avoisiner les 35°C et il était préférable de voyager aux premières heures du matin.

 

J'avais trouvé amusant d'apprendre à dessiner à Raya, lui apprendre les bases du dessin au crayon.

Elle avait envie de jouer avec les couleurs, découvrir un monde différent du sien, et par là même un art méconnu dans sa famille. Raya avait l'âge, cet âge qui rend les choses amusantes, une facilité déconcertante à apprendre même les choses qui nous paraissent complexes.

On commença par dessiner les contours du Campilisses, un papillon magistral rencontré dans ces contrées. Elle était assise à mes cotés et tout comme moi, tenait ses feuilles sur ses genoux concentrée sur le modèle à copier. Une vraie pro. Elle garderait son croquis, en souvenir de notre rencontre.

Jolie petite fille Ouzbek, pendant qu'elle dessinait, je la croquais à mon tour, ses yeux noirs sur ma feuille de papier, ses cheveux bouclés cheminant sous le trait de mon crayon de papier, moi aussi j'aurais mon souvenir.

Elle riait, riait fière de son premier dessin, Tohirbek et Shalo, les yeux embués de larme, éprouvaient aussi une certaine fierté.

 

Un souvenir mémorable !

Une pureté d'enfance comme on aime découvrir, peu importe le lieu, des continents asiatiques aux frontières de l'Afrique orientale, en parcourant les deux pôles. La pureté du regard d'un enfant n'avait pas de frontières ; rien de tout cela, prenons exemple sur eux.

 

 

Islom me regarda impatient de pouvoir enfin se pencher sur la route, de pouvoir enfin mettre les deux pieds sur ce chemin inconnu, vers les prémisses d'une nouvelle aventure. Adieu Samarcande, et le désert de Kyzylkum, me reviendrait de toute grâce, de toute bonté. Me laisser envahir par des émotions d'explorateurs, les frissons me parcourant tout le corps, un frisson d'émotion ou même d'excitation sans aucune mesure.

 

J'avais découvert ce magnifique lieu dans un magnifique ouvrage m'ayant été offert lors de ma première communion. 300 pages magiques et ondulantes sous les mains d'un enfant curieux.

Un vrai régal pour moi, me faire dévorer par les pages, traversant les ombres des chênes millénaires, ouvrant la porte à des mondes différents du mien.

 

 

J'ai parcouru tant de chemins, dévoré tant de kilomètres ; j'ai essuyé tant d'échecs, abandonné tant de latitudes et de longitudes éprouvantes ; les marches m'ont quelquefois affaibli mais je n'ai jamais laissé quiconque m'impressionner par un négativisme accru. J'ai quelquefois dompté le temps pour éviter qu'il ne me noie, échapper à des attentats météorologiques, mais qu'importe je suis comme le roseau qui plie mais ne rompt pas. Les amis sont là pour nous protéger voire pour nous aider, et c'est ainsi qu' Islom est rentré dans ma vie ; si je puis dire ; et de là est né une puissante amitié.

 

Islom est d'une simplicité remarquable, un taiseux aussi. Il connaît beaucoup de choses, un puits de science, rien ne lui échappe.

Je l'ai croisé un matin du 25 décembre 1954,( serait ce un cadeau du ciel que cette rencontre ?), sur une oasis en plein cœur du désert de Gobi.

La solitude était sa seule compagne, occupé qu'il était à errer parmi les températures caniculaires de cet endroit peu connu de tous

 

Voilà comment cette histoire à débuté, loin de murmure incessant de la vie parisienne, dans la solitude d'un désert par bien des égards, inconnu du grand public.

Islom est comme mon frère, une partie de moi, mon double. D'un seul regard, il me comprend ; un brin philosophe, il me donne les meilleurs conseils.

 

 

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Ouzbek me voilà ! partie 9

24 Février 2017, 12:52pm

Publié par vincent auteur

Ouzbek me voilà ! partie 9

 

 

Des mots, oui des mots, je pensais y rester mais mon travail m'impliquait à voyager parmi les pays les plus reculés pour y découvrir une beauté à ce jour jamais dévoilée.

L'Ouzbékistan pour le moment et ensuite je ne sais vers quelle destination le destin m'emportera.

 

La nuit avait été bien calme, mes deux compères m'avaient concocté un concert de ronflement époustouflant, une sonate au clair de lune je pense.

 

 

A ce deuxième jour, je partageais ce moment agréable avec mes amis. Profitons de cet instant !

J'observais ces deux solides gaillard, rire bruyamment, savourant cette rencontre.

Il fallait penser à demain, qu'allions nous trouver, découvrir de surprenant et d'étonnant ?

L'Ouzbékistan n'avait pas fini de me révéler ses secrets ; il me fallait chercher, m'aventurer dans ces contrées.

 

Mon sac était prêt, mes amis aussi, pour cette aventure. Tohirbek voulait à tous prix nous voir rester plus longtemps parmi eux. Il revivait, il éclatait de rire face à ces deux énergumènes qui m'accompagnaient. Les rires résonnèrent dans cette yourte, la vie semblait s'être revigorée dans cette campagne Ouzbek. Ils n'avaient rencontré de voyageurs comme nous, uniquement des soldats russes pour une tout autre raison. La guerre avait laissé des traces, et les habitants se méfiaient.

 

Tohirbek, Shalo et les enfants nous aimaient déjà, le départ dans quelques jours seraient délicat pour chacun d'entre nous mais pour le moment les grimaces d'Islom faisaient hurler de rire Raya.

Viviane, à ce moment, me manquait terriblement.

 

Nous étions samedi et on avait convenu avec Tohirbek que nous resterions jusqu'à lundi, ce qui nous laisserait le temps de visiter et d'étudier de plus prés la faune.

Après cela, il faudrait repartir pour Pampultar, redéfinir nos explorations, et repartir à la recherche de ce renard bleu angora, mon défi de ce moment, le Hyelanon.

Il me fallait aussi trouver le moyen de poster la lettre destinée au musée Galichet.

 

Pendant un moment de calme, je me mis à dessiner les animaux que j'avais croisé depuis notre arrivée en Ouzbékistan, de Pampultar à Tachkent, les premières villes que nous avions visité.

Je conservais toujours dans mon sac, une jolie quantité de feuille à dessin d'une excellente qualité pour recopier à la perfection la nature que j'observais toute la journée.

 

Il y eu d'abord les Campilisses, un océan coloré dans un petit être voletant joyeusement de branches en branches. Deux exemplaires, d'ailleurs ornent mon herbier. Content d'avoir pu attraper ces espèces rares, je me pose quand bien même la question fondamentale. Ai je le droit d'arracher à la nature, ce qu'elle a créée de toutes pièces. En faire un musée pour les générations à venir, pourquoi pas mais à ce prix !

On me fournissait de l'argent pour aller à la chasse aux raretés, que faire ?

Poursuivre cette aventure avec mes compères ne serait qu'un pur plaisir. Islom, Piotr et moi-même allions de découvertes en découvertes, une nature, une civilisation, un pur délice des sentiments, des impressions d'un monde qui ne demandait qu'à s'ouvrir.

Je ne voulais pas quitter cette tendre famille Ouzbek, ces rires qui ne voulaient pas s'éteindre.

 

Je me pose régulièrement des questions quant à l'avenir de ce monde oublié de nos chères institutions, de notre monde bouleversé par la technologie, par ce modernisme.

Mais est ce que la vérité n'est pas ici, dans ce monde où les questions essentielles sont différentes ?

 

J'avais à cet instant une pensée pour mon père, un artisan qui de ses mains avait construit de si belles choses, une grande fierté pour moi et une certitude qu'il serait très fier de moi. Lui qui n'avait voyagé qu'à travers ses livres.

 

La nuit allait nous porter conseil pour les jours à venir. Demain dimanche, je serais curieux d'aller faire un tour dans cette ville, à la rencontre des marchands ambulants.

Faire « le tour du propriétaire »de cette ville aux multiples visages, une entité somptueusement délicate, un atout pour ce beau pays, un mystère également.

 

La vie quelquefois, vous procure un bien inimaginable, rencontrer d'autres personnalités et surtout se rencontrer soi-même, un bien être incomparable.

 

 

 

Il était 8h30 en ce dimanche 6 juillet 1945, les oiseaux chantaient à l'extérieur de la yourte, mes compères dormaient encore profondément. La soirée de la veille avait été fructueuse et alcoolisée.

Les ronflement s'amenuisaient à mesure que le soleil se levait.

J'avais cru entendre le chant larmoyant d'un Osmorre, un cri d'une détresse incomparable dans l'espèce animale. Tel la hyène qui rit, l' Osmorre pleurait tel un bébé. Un frisson me parcourait l'échine à chaque fois que j'entendais cet oiseau.

La première fois que j'en vis un, c'était au musée Galichet, un somptueux exemplaire empaillé de cet oiseau, d'un rouge sensationnel, une couleur qui vous prends et ne vous lâche pas.

C'est à partir de là que je suis tombé en extase devant toutes formes animales, du poisson aux oiseaux en passant par les plus petits insectes. Je étais toujours admiratif devant ce que la nature pouvait nous offrir, une magie tout simplement.

 

J'étais impatient de pouvoir me balader en ce dimanche.

 

 

 

 

 

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La petite maison

23 Février 2017, 09:58am

Publié par vincent auteur

La petite maison

 

 

 

Une petite maison de briques rouges, toute simple,

Le bruit y est quotidien, un son venu d'ailleurs,

Mélange de grincements et de hurlements,

Ici les machines ne font pas de détails,

Ici le bois repose tel un objet de convoitise,

Ici les copeaux volent, dessous et dessus,

 

Ici nous mène l'odeur douce du bois.

 

Je voudrais plonger dans ce tas de sciure,

 

Ce n'est pas un simple objet, c'est tout un ensemble,

L'antre du menuisier,

On y trouve de tout, du clou rouillé, à la poignée de porte.

Ici trône même quelques cercueils,

Un véritable capharnaüm, un bazar organisé.

 

Ici nous mène l'odeur, le bruit et la poussière.

 

Mais on y est bien.

 

Trente ans et des poussières, la petite maison rouge est toujours là

 

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Quelques petits mots

22 Février 2017, 16:18pm

Publié par vincent auteur

 

 

Sans nom, hypothétique raison du traumatisme qui nous accable,

Ecrire sans voyager tout en restant attablé au coin d'un rêve.

Sur les murs, on écrirait des poèmes, des proses ou des chansons,

A la bonne heure d'un goûter à l'encre sympathique,

Je signe d'un trait les morceaux de mon passé,

Intemporel, imaginaire, énigmatique.

 

J'ai vu dans les yeux d'un inconnu, la surprise,

L'aventure d'une syllabe qui surgit au coin d'un vers.

On ne comprends quelquefois que ce que l'on voit, ce que l'on entends, ce que l'on croit.

Et si...

On se croisait, on se disait …

J'ai vu dans les yeux d'une inconnue la surprise d'un vers tenu.

 

Sans nom, hypothétique façon de se comporter,

A l'abri des regards indiscrets, je signe en silence les traits de mon passé.

 

Le poème est la faculté de jouer avec les mots, rendre l'art abstrait concret.

Une petite larme d'encre, goutte à goutte sur une feuille blanche et immaculée.

 

A vot'bon cœur , lisez et pensez.

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Ouzbek me voilà ! partie 8

5 Février 2017, 21:58pm

Publié par vincent auteur

 

 

Ouzbek me voilà, Ouzbek je suis à toi.

Loin de Paris, je me fais une joie d'explorer tous les méandres de ce peuple oublié par notre société en constante évolution. Je me sentais revivre ici, dénué de toute obligation, j'avais à coeur de réaliser mon travail parmi les habitants souriants de ce merveilleux pays, j'aurais même le droit de qualifier ces êtres de belle âmes.

Le "renard bleu" me passionnait et mon regard se posait sur mes tendres amis qui échangeaient leurs propos agréablement, le sourire de façade se conjuguait au pluriel dans cette vie faite d'incertitudes et quelquefois de désespoir. Mais ce qui était curieux contrairement à nous "pauvres " occidentaux malhabiles c'était leur qualité d'écoute. Ils n'avaient rien mais ils donnaient avec un plaisir non dissimulé.

 

Nous avions tous les trois dormi chez une famille typiquement Ouzbek, Tohirbek et son épouse Shalo se firent un honneur de nous recevoir dans leur humble demeure. Une simple bâtisse de bois mais qui respirait la joie de vivre. Ils nous présentèrent leurs enfants, une fille prénommée Raya d'environ cinq ans et le petit dernier, un petit blondinet de tout juste un mois, Uktam.

Un rayon de soleil illuminait leur visage, heureux de rencontrer de nouveaux arrivants, impatients qu'ils étaient de pouvoir écouter nos aventures. Tohirbek, un fringant paysan des plaines ouzbeks, nous servit une rasade de leur boisson local, un puissant alcool de 45° ; par ces temps froids et rudes.

Islom et Piotr conversèrent joyeusement avec ce couple, qui semblait-il n'avait guère l'habitude de rencontrer de tels voyageurs. Moi curieux comme tout, je m'amusais à les regarder, leurs yeux brillants de bonté et de bonheur. Finalement j'étais bien ici, un pays, des amis, une aventure qui me guidait jusqu'ici.

Je découvrais cette chance de pouvoir dormir dans une habitation traditionnelle Ouzbek, une yourte faite de toile et de bois d'une surface d'environ 40 mètres carrées. D'une famille de nomade ancestraux, Tohirbek avait choisi finalement une vie sédentaire mais en gardant l'habitat de ces ancêtres.

Le calme régnait dans cette demeure à la nuit tombée. La nature semblait s'être plongée dans un sommeil profond également.

Mes rêves s'éparpillèrent tels un arc en ciel de couleurs festives.

Une pensée pour mes proches restés à Paris, ma petite Viviane devait avoir bien grandi depuis mon départ, et ma femme que fait-elle de ses journées, pense t-elle à aller voir ma pauvre mère souffrante.

Mon départ avait été précipité, mes valises faites à la hâte. Ma femme n'aimait pas trop que je m'aventure dans ces pays où l'on ne connaissait pas grand chose. Je prenais le risque il est vrai, mais ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse. Et je voulais donc rester jeune et cette soif de découverte et d'apprendre ne me quittait pas. Où me conduirait ma prochaine destination, vers les rives de l'Oural, aux abords des frontières du Kirguizstan ou une épopée sibérienne m'attendrait.

J' étais fasciné par ce continent surdimensionné, ces populations rayonnantes et fraternelles.

J'aimais ce mystère que dégageait chaque sourire, chaque poignée de main.

Ils me faisaient et même sourire par moments, ces deux personnes devenues compères voire amis.

 

Je me voyais y rester, ma famille me rejoindrait dans cet havre de paix entourés de mes fidèles amis et ses doux habitants.

Mais en attendant il me fallait continuer mes pérégrinations, mes aventures naturelles et retrouver cet animal qui n'avait de cesse d'occuper mon esprit d'éternel adolescent.

 

 

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