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Vincent Zochowski auteur

Photo Sépia

18 Décembre 2016, 14:32pm

Publié par vincent auteur

Photo Sépia

 

 

Sur cette photo sépia, le visage fermé,

Ne dit rien qui vaille,

Sinon les voyages passés,

A arpenter cette terre noircie par tant de souffrances.

 

Tu as vaincu ces chemins de traverse,

Peuplés de mauvaises herbes,

Les orages ont nettoyé cette boue ensanglantée ,

Par tant de misères.

 

Tu n'as pas fui ton pays, tu as simplement renoncé,

A jamais à cette vie,

De meurtrissures.

 

Tes pieds t'ont portés jusqu'à nous,

Sur cette terre décharnée par cette première mondiale,

D'une guerre sans retenue.

 

C'était il y a presque un siècle,

Sur cette photo sépia,

Tu ne me souris pas, fier de ton parcours,

Et moi, dorénavant

Je te souris, fier d'avoir ton sang.

 

Simple voyageur

 

Dzieki !

 

 

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A l'ouest du nouveau !

15 Décembre 2016, 23:44pm

Publié par vincent auteur

 

 

Depuis déjà trois jours qu'il voguait sur ce géant qu'était le Colorado, il voyageait toujours ainsi, le canoë, les peaux de castor, et une bonne vieille Winchester acheté à Hobus, un trappeur vivant désormais en ermite à Rifle. Jacques, par ses ascendances françaises, avait une facilité à naviguer. Son grand-père paternel lui avait appris les rudiments de la "barque attitude"sur les rives de la Garonne avant son départ pour la grande Amérique.

 

 

En cette année 2050, tout était redevenu comme avant. Les Pawnees avait repris leur territoire, les castors, leurs cours d'eau et les trappeurs, leur métier. Du jour au lendemain, le monde d'avant était celui de maintenant. En un coup de baguette magique, les hordes d'indiens, Cheyennes, Peaux-Rouges et autres "sauvages des plaines " reprirent possession de leurs territoires au dépend des hommes blancs. On avait l'impression de regarder un Western, dont le regretté John Wayne aurait été si fier.

Les gratte-ciel avait laissé la place aux Séquoia géants, les chevaux n'étaient plus fiscaux.

Un splendide retour en arrière !

 

Jacques, le fusil en bandoulière, s'amarra à une berge et s'employa à observer son environnement. Des traces de pattes stimulèrent son attention, le castor, une réserve de fourrure en conséquence. Il ne lui restait plus beaucoup de peaux et il se devait d'en rapporter une dizaine au chef Pawnee, Bison d'Argent en échange de quoi, il serait libre de circuler sur leur territoire.

Il faisait beau ce jour, un premier jour de printemps, ensoleillé et baigné des douces odeurs florales, les roses , les aubépines, un océan coloré, un arc en ciel de senteurs. Jacques était bien, loin des soucis. Il se dirigea sans compter vers son travail, observer ses proies. Ce soir, il mangerait un vieux reste de viande de cerf sur un feu de bois. Il aimait dormir à la belle étoile, dormir sous les feux de la rampe, le ciel d'un monde sauvage et tellement attirant.

Les yeux de Jacques se fermèrent dans le silence de la nuit américaine.

 

Le lendemain matin, 1er septembre, Jacques fut réveillé par des bruits de sabots, ils étaient quatre, quatre magnifiques alezan, montés par quatre Pawnees. L'air froid, ils venaient aux nouvelles, savoir si les peaux de castor serait prêtes bientôt. Les indiens ne savaient pas attendre. Les marques sur leur visage ne laissaient présager rien de bon, ils savaient à coup sûr mettre en garde leurs adversaires.

 

En cette année 2050, il restait bien quelques vieilles carcasses de tôles, synonymes du temps passé, qui semblaient dormir à l'ombre de la végétation. Jacques se démenait pour trouver ses proies, un panneau " Denver 300 km " de couleur rouge rouillé, trôna sur un tapis de mousse.

 

En cette année 2050, les indiens étaient les rois des montagnes, rien ne pouvait les arrêter.

Jacques reprit son canoë, ses peaux et longea le fleuve, écoutant au passage le bruit des feuilles sous le vent.

 

Il avait décidé un beau matin de rallier la belle Amérique, ses parents en avait toujours rêvé, lui l'avait réalisé. Là bas, la vie plus facile. Là bas, la grande aventure. Il voulait les voir en vrai, ces descendants de Sitting Bull ou de Géronimo.

Un voyageur décidé à rompre sa monotonie, à voir dans ce nouvel environnement un eldorado.

Un certain Christophe Colomb l'avait découverte en 1492, il avait visité ces terres jusque là inconnus, et dorénavant Jacques avait la conviction d'être le Découvreur du Colorado à bord de sa Santa Maria.

Rien ne pouvait plus lui échapper, les odeurs, les paysages, tout était bon à prendre !

 

Fini les réserves pour accueillir ces honorables maîtres des prairies embisonnées. Ils avaient retrouvé leur territoire, leur domaine de prédilection; toutes les réserves avaient été réouvertes, la liberté retrouvée.

 

A l'orée d'un monde retrouvé, Jacques se dressait fier devant tant de beauté.

Son métier, son univers désormais ici même, plus rien ne pourrait lui faire regretter son passé !

 

En cette année 2050, il était le poète de sa vie, sublimant ce nouvel eldorado. Les bras levé vers le ciel, il le remerciait, le saluait.

En cette année 2050, il n'avait pas senti la flèche le transpercer de part en part. Le regard, toujours tourné vers le ciel, les yeux embués de larmes, il remercia la vie mais la mort le prit.

 

Bison d'argent se tenait devant ce corps, il fit une prière et ramassa les quelques peaux de castor, avant de partir.

Les vautours se chargeraient du travail.  

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Très Chèr Père Noël

14 Décembre 2016, 22:44pm

Publié par vincent auteur

 

 

Ah je le savais bien que c'était une mauvaise idée d'accepter cette invitation rituelle et régulière.

Ah ces p.. de traditions, c'est quoi donc que ce « P » tout seul qui se balade au creux de ma phrase, serais je donc à ce point désagréable au point de renier ces traditions d'un autre temps, mais lequel donc … ?

 

Tel un enfant faisant une colère, je me refusais à pénétrer dans ce lieu d'un autre âge, rempli de bibelots d'avant guerre, sentant le renfermé, une odeur indescriptible, enfin si, odeur de moisi, mélangée à ces désodorisants de toilettes publiques.

 

Je suis coincé, je ne pourrais pas partir avant la fin. Avec une peu de chance, on devrait prendre le café à l'heure de l'apéro, et prendre l'apéro à l'heure du coucher.

 

Il est vrai que la moyenne d'âge dans cette pièce avoisinerait presque le millénaire, et tout ça avec une quinzaine de personnes. Je tiendrais le coup, et si possible me cacher derrière le sapin au risque de bouffer quelques épines au passage.

 

Les enfants, désireux de déballer leurs cadeaux, n'en pouvaient plus d'attendre au risque de faire une crise en nerfs entre les bouteilles d'eaux ferrugineuses, et l'alcool fort d'oncle Jules, ne sachant pas si c'était l'oncle ou la bouteille qui brûlait le plus.

Ils trépignaient d'impatience ces beaux petits diables, tirant légèrement sur le papier d'emballage presque transparent, depuis le temps qu'il siégeait au fin fond du garage.

Je le savais bien que j'aurais dû poser un arrêt de repas, cause maladie.

 

Même la grand mère, ou l'arrière grand mère, ou même … Je ne pourrais pas imaginer sa date de naissance, entre deux guerres, avant guerre, prussienne, ou même de Troie.

Pauvre petite vieille, assise en le Di Vin Oncle Jules, et l' Al Zemeir Gabriel. Oui oui c'est son nom, d'ailleurs serais lui le responsable de cette découverte exemplaire. A croire que oui, vu le regard vide qu'il nous expose, il a dû tout oublié jusqu'à son nom. Encore la terrible influence de cet Oncle Jules, commercial sédentaire en vin du Pays d'Oc.

 

Je ne regretterais peut-être pas d'être venu, qui sait.

 

Le Père Noël saura bien me pardonner, d'ailleurs n'est ce pas mon prénom qui trône sur le plus gros paquets ?

 

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