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Vincent Zochowski auteur

Ouzbek me voilà ( partie 7 )

29 Juin 2016, 21:39pm

Publié par vincent auteur

Couché sur le ventre, les yeux étonnés, surpris, enivrés par cette aventure. Je ne crois pas un instant que l'on puisse faire ceci.

Je souris, je ris, je tremble, je frissonne, je voyage et me mêle aux odeurs de la route, de la forêt, de la mer. A cet âge, on rêve, on imagine, on se fait des idées, des films.

Les voyages, dit-on, forment la jeunesse. Moi j'y suis rentré dès mon plus jeune âge. Pouvoir s'emparer d'un ouvrage et dès lors les mots se réunissaient pour former une route parsemée de mystères et de trahisons. Je me retrouvai au coeur d'une forêt amazonienne peuplée de tribus inconnues.

J'ai fait un voyage en ballon de Zanzibar aux sources du Nil, rencontré Kéraban le têtu, et même naviguer à bord du Nautilus.

Couché sur le ventre, je me pris à m'imaginer dans la peau de ces héros extraordinaires. Dès lors, je n'avais plus qu'une envie, me plonger dans mes études, mes études et ne la ressortir mon but accompli. On est con quand on est jeune, futile, immature, insatisfait. Mais parfois on se rend compte d'un besoin irrémédiable.

La solitude me confortait, me rassurait. J'avais cette envie de découvrir un autre moi, une autre façon de m'évader. Les feuilles des livres me donnaient l'odeur de la délivrance, de ces voyages inconnus.

Jules, Emile, Agatha, Honoré et Marcel, mes fidèles compagnons d'aventure, mes moteurs, sans eux pas de découvertes, pas d'énigmes à résoudre, de voyages jusqu'aux plus hautes montagnes, des océans de bonheurs à visiter.

Le nez plongé dans les les pages, je respire cette douce odeur du papier, ce vent ,qui me transperce de part en part, provient des contrées les plus vastes et les plus enchantées. Je respire la douce amertume de mes aventures futures.

Une douce enfance peuplée de héros, de monstres, et d'infinies rencontres. Je me suis battu, élevé contre des injustices, un super héros que je devenais. Et tout ça, en feuilletant à tout va, en lisant et relisant. Je m'endormais en rêvant à des jours meilleurs.

"Vincent, oh Vincent " me dit soudain Piotr

Je rouvris subitement les yeux, je m'étais assoupi dans mes pensées. L'enfance était toujours au fond de moi, je me berçais de ce subtil souvenir.

Islom et Piotr, tels de vieux amis, échangeaient, l'Ouzbékistan ne semblaient plus avoir de secrets pour eux, ces grands voyageurs. Je devais apprendre de ces deux êtres uniques.

"Pardonnez moi les amis, je suis avec vous ne vous inquiétez pas "

On se remit à parler de ce renard bleu et la soirée se termina ainsi.

Tout le monde se leva et nous nous mimes à la recherche d'un toit pour la nuit. Nous étions dans un pays où l'hospitalité régnait en maître, les Ouzbeks, souriant, nous gratifiait d'un regard aimant, et il se disputeraient même le droit à nous recevoir.

Une maison, une jolie maison de bois typiquement ouzbek, l'odeur d'un feu de bois, où la nourriture vous réjouit autant que ce peuple. Le charme oriental coulait à présent dans mes veines. Je sentais cet air profond me changer, devenais je un véritable Ouzbek ?

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Devrais je ... ?

25 Juin 2016, 17:48pm

Publié par vincent auteur

Devrais je dénuder mes mots pour faire apparaître un signe,

Que le bonheur ne suffit qu'une seule fois,

Pour laisser aux autres une vision de soi.

Et si les mots ne suffisaient plus,

Serions nous isolés à ce point, sans langage aucun.

Devrais je dénuder mes mots, sans laisser aucune chance au hasard,

Ne pas se contenter du pire seulement du meilleur,

Avoir raison en tout cela.

Et si les lettres se réduisaient à un silence,

Emportées par des gestes symphoniques,

De la musicalité grammaticale.

Devrais je dénuder mes mots pour parfaire mon âme,

En silence, en accord avec moi-même,

Doucement, invariablement.

Et si le passé devenait composé d'un présent au futur,

Et si les syllabes n'en faisait plus qu'une ?

Laisse moi rêver et construire pas à pas ces forêts d'émaux.

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Sur les lignes de l'amer ( partie 2 )

18 Juin 2016, 16:55pm

Publié par vincent auteur

J'ai fait le serment d'accomplir mon devoir de navigateur avec courage et fierté.

J'observe avec insistance tout mon équipage, ces hommes d'une bonté extrême, pour qui le bateau est leur « chez soi », mon équipage, ma famille.

J'ai vogué sur des mers hostiles, sur des océans infatigables peuplées de sirènes indésirables, de moments uniques par delà les marées montantes.

La lueur du petit jour fit son apparition en ce lundi de septembre, l'automne arrivant à grand pas, le temps des douces pluies et du temps passant au abord de l'hiver.

Je ne pouvais m'empêcher de penser à mon enfance, ces instants où l'on se demande, où l'on se pose d'étranges questions sur la mer, sur les pirates, où l'on se prend à rêver d'aventures extraordinaires. Combattre Moby Dick et croiser le capitaine Némo au large des Bermudes.

Et mon équipage naviguait avec aisance, flirtant avec les alizés.

Je ne les voyais plus, le brouillard en piste sur le pont, seulement des cris, des hurlements, des indices inquiétants.

Le bois grinçant sous les fortes vagues, les oiseaux de mer silencieux, les sternes ailes déployées à la recherche d'une direction à prendre.

Quelques unes d'entre elles s'écrasent lourdement sur le sol sans un cri, mes hommes abrutis certainement par la situation ne disent mots.

Un silence pesant règne sur les flots, mon âme vide de tout sens, stoïque, apathique, fleurant la solitude, la folie.

Elle me prenait à nouveau à bras le corps, cette douce folie ; elle me fatiguait en tous sens, m'arrachant les tripes, me versant des larmes de turpitude. J'en étais atteint, mes bras fermés sur mon ventre, mon sourire ne faisant plus.

Je n'étais plus vraiment là, mon âme repliée en moi, au bord du précipice.

Le brouillard n'en finissait pas, j'étais seul, si seul.

Sur les lignes de l'amer, je naviguais entre deux eaux, mon équipage à ma merci, mon âme distordue.

Ma faiblesse est de mise, la folie m'entraîne vers les plus hauts sommets. Je ne sais même plus sur quelle mer je navigue.

Je suis allé sur les Bermudes, ai franchi le détroit de Gibraltar, ai combattu les vents d'Ouessant et parcouru des miles et des miles sans me douter de ce qu'il adviendrait de moi.

La pluie fine ridait l'océan dans une danse endiablée, les sternes semblant vouloir nettoyer le ciel du bout de leurs ailes.

Sous le brouillard, la floraison de nuages sembla adoucir le ciel, le brouillard doucement se dissipa.

Me voici devant un spectacle ahurissant, mes mains tremblotantes, mes jambes flageolantes.

Devant moi se tenait mon équipage, où du moins, ce qu'il en restait.

Paco ne me regardait plus, son regard n'était plus, rien que des orbites vides de tout sentiments.

Tout avait disparu, cet être fait de chair et d'os était dorénavant un être tout de blanc vêtu, un squelette, j'avais devant moi un squelette, des squelettes même, tout mon équipage se trouvait transformé. Paco avait perdu tout ce qui faisait de lui un homme d'exception, sa boucle d'oreille d'or gisait au sol accompagné de tous ses breloques d'un pirate en goguette.

Les autres membres d'équipage, debout comme attendant le fossoyeur, attendant d'être exhumé dans la terre blanche de leurs origines.

Je restais sans voie, sans raison aucune.

Mon heure n'était pas encore venue, devant cette scène, sous ce ciel maintenant dégagé, les oiseaux reprenant leur inévitables piaillements comme au lever d'un nouveau jour.

Le soleil régnait à nouveau en maître, les eaux d'un calme olympien ; je naviguais dans les Bermudes, j'en étais à ce moment persuadé. Je connais depuis ces décennies toutes les mers du globe et en un instant rien ne peut m'échapper.

Mon regard ne pouvait échapper à cette scène horrible, j'étais à la tête d'une armée de squelettes.

Je reconnais même le petit Edwin, mon petit mousse, courbé à son travail, lui aussi un véritable squelette. Que devrais je dire à ses parents ?

Le navire avançait malgré tout, comme attiré vers ce qui devrais être son lieu de résidence.

Nous étions à quelques lieux d'une île, un îlot de verdure en plein cœur de cet océan, pacifique ou atlantique, je commençais à douter de l'endroit où nous nous trouvions.

Je suis un capitaine au long cours, aussi vieux que son bateau, aussi rouillé que son cargo.

Je vis, je survis au grès des vents ou des aventures hors du commun.

Sur les lignes de l'amer, je rejoindrais mes plus illustres aînés, les navigateurs de toutes branches, le pirates, les corsaires, ou autres flibustiers.

Je pleure maintenant sur ce présent malheureux, cette détresse qui m'habite. Même le ciel semblait être de mon coté, des nuages noirs s'amoncelant juste au dessus du bateau.

La partie semblait perdu maintenant, je devrais vivre avec cet échec.

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A la découverte

11 Juin 2016, 18:50pm

Publié par vincent auteur

Le grenier, un monde de découvertes, une caverne d'Ali Baba, une mystérieux endroit où les histoires s'écrivent en lettres de poussières et d'affabulations diverses et mal intentionnées.

Le cachet de la poste faisant foi, pauvre de moi, cette lettre d'un bleu tendre, me tendait les bras, son papier d'une finesse éclatante, d'une douceur stigmatisante conversait avec mon âme.

Je sentais comme une attirance, un besoin irrespectueux d'ouvrir cette lettre et d'y parcourir toutes les lignes jusqu'à plus soif.

En avais je le droit, le pouvoir même, restant stoïque devant cette découverte ?

Mes mains sur le papier, tremblotant, inquiet de ce qui m'attendait, je respirais la poussière étalé sur les livres d'époque. Toute une vie dans ces cartons aux limites de l'effondrement. Est ce ainsi que doivent se reposer les souvenirs, les après d'une vie, les pages de moments sublimés par l'envie.

Le livre d'une Vie m'avait ouvert ses pages sur une lettre tout aussi étrange, impalpable, propre sur elle, délicate, souveraine, indistincte. Mais je n'oserais l'ouvrir, de peur de me retrouver face à lui, ou à elle, face à des écrits que je ne saurais qualifier.

Je fermais les yeux en imaginant le temps d'avant, les sourires béats de ces enfants, à la recherche d'un trésor dans ce vieux grenier. On s'y raconte des histoires, des aventures, des contes enchantés.

L'enfant que je vois, est celui d'aujourd'hui, le temps à changé mais les idées enfantines sont toujours présentes.

Je ne saurais enfreindre les secrets contenus dans cette lettre, mon âme m'empêchant de les lire, je ne peux que trouver surpris d'y voir écrit mon prénom.

Elle m'est adressé, loin des simagrées d'une vie passé à se poser des questions existentielles.

J'essuie tendrement la poussière déposée sur le papier et la remet doucement dans ce vieux livre.

Je n'ouvrirais pas cette missive, seul le secret...

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Ouzbek me voilà ( partie 6 )

7 Juin 2016, 20:31pm

Publié par vincent auteur

Piotr, enfin, je retrouvais cet ami. Les larmes m'inondèrent et je tombai en sanglots dans ses bras vigoureux. Islom, derrière nous, ne fit aucun commentaires. Il nous laissa nous remémorer nos souvenirs respectifs et nous nous en allèrent tous trois boire un verre à la terrasse d'un Tchaïkanas, le café traditionnel d'Ouzbekistan. Sur le siège, un coussin aux couleurs rougeoyantes nous invitait à nous asseoir. Nous étions comme sur un lit, confortables. Le thé à la menthe nous fut servi, et l'on put enfin se désaltérer.

Il était bon d'être sur cette place au pied de la Madrasa Koukeldach, une splendide école coranique, aux motifs architecturaux d'une beauté époustouflante. L'art dans toute sa mesure.

Ouzbek, me voilà enfin, je te trouve. Mes yeux peuvent à présent admirer ce joyaux d' extrême Orient, des siècles et des siècles d'Histoire.

Je ne peux à cette minute, oublier tous ceux laissés en route, à ceux laissés contre leur gré. Ma famille me manque éperdument, mes enfants, mon désir de les retrouver s'accroît à tous moment.

Piotr, Islom, et moi même profitions de ce tendre moment d'échange, le temps passaient lentement nous laissant le plaisir de savourer, de déguster minutes après minutes les histoires, les aventures de ce pays reculé d'Asie centrale.

Mon vieil ami russe devait m'apporter les derniers renseignements concernant la faune rare de ce pays. Il devait me mettre sur la piste du Hyelanon, un des derniers renards d'Ouzbékistan bleu angora, une des dernières splendeurs. Il devait en rester une petite dizaine dans ce coin reculé et mon but serait d'en ramener un exemplaire à Paris.

Piotr les observait depuis quelques mois et m'avait ramené une peau d'une de ces bêtes tuée par des braconniers. La douceur de ce pelage, la qualité des poils, il me fallait absolument en voir un de prêt et si possible en ramener un en France. Cela serait mon plus beau trophée. Il m'était interdit de procéder à ce genre de trafic mais la découverte de ce trésor allait faire ma fierté.

Il me fallait à tous prix trouver cet animal et pourquoi pas en ramener un en France. Les lois me l'interdisaient mais j'en mourrais d'envie. Un si beau renard d'un bleu unique, c'était pour moi et moi seul.

Vincent d'Auderive, sera "béni ", dans les livres d'histoire pour avoir trouvé le dernier représentant d'une espèce " Vulpes Blu ". Je serais L'explorateur attitré de Paris.

Ne soyons pas si imbu de sa personne, le travail paiera de toute manière.

Nous discutions tous les trois, le sourire aux lèvres, un vrai moment d'amitié, une joie somme toute singulière mais un moment unique. Une photo de cet instant, voilà ce qu'il me faudrait. C'est important de ne jamais oublier ces secondes, ces minutes, ces heures.

Je ne pouvais joindre mes patrons de Paris qu'en leur envoyant une lettre, ce que je m'empressais de faire pendant que Piotr expliquait la beauté de la ville à Islom.

"Mes très chers compatriotes

Je vous écrit de Tachkent, le temps est favorable et les rencontres importantes. L'Ouzbékistan est un pays merveilleux pour la multitude de ses découvertes. C'est mon plus beau parcours à ce jour. Je vous envoie mes remerciements pour cette mission qui j'espère vous conviendra par ces bons résultats."

La première phrase me semblait bien sous tous rapports; mais devais je leur parler de ce fabuleux renard bleu angora, ce merveilleux Hyélanon? Je devais me taire pour le moment, les prévenir maintenant ruinerais mes projets.

Je n'avais que 25 ans, et déjà aux portes d'un autre monde, une victoire sur mon passé. J'ai été élevé en dévorant les livres d'aventures, suivre les pas de Michel Strogoff, aller au centre de la terre, et à n'en plus finir me plonger dans ces aventures. Jules Verne était mon héros préféré, mon maître es expéditions. Mon père aurait tout fait pour m'en dissuader, mais ce sale caractère m'a bien servi pour arriver à mes fins et obtenir mon diplôme de biologie appliquée. Il me fallait ce passe pour pouvoir agir en qualité d'explorateur.

Pensif, je m'écartais de la conversation de mes compères et pensais maladroitement à mon parcours digne des plus grands.

J'étais là et plus loin en même temps, ailleurs dans ce monde de maintenant.

Je suis un poète de l'âme.

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Sur les lignes de l'amer

5 Juin 2016, 16:54pm

Publié par vincent auteur

Sur les lignes de l'amer

Vague et ombrageux, le ciel ne me disait rien qui vaille en ce début de printemps.

Le navire hoquetait ostensiblement sur le fleuve, un de ces navires qui n'a plus d'âge, malmené par les embruns, bousculé par les vent d'ouest.

Vague à l'âme, vague à larmes, à la recherche de repère visuels, en compagnie de tout mon équipage sur le « Ouessant », magistral rouge terni par des années de labeur.

Ma barbe blanche aussi jaunie par ces moments de grâce, ces instants de défiance, les poings serrés, les larmes aux yeux, la cinquantaine avancée.

J'ai preque l'âge de mon cargo, la rouille m'a endurci les membres et obscurci ma peine. Je le respecte ce vieux gréement, ce vieil ami de métal.

Des années durant parmi les flots salés ou doux, parmi les instants fragiles d'une vie démesurée.

Le silence de l'air se faisait étrangement ressentir, nuée d'étourneaux silencieuse, le vol gracieux des hérons cendrés, le vent bienveillant en ce matin frais.

Je ne sais même plus la date du jour, je suis en bonne compagnie au fil de l'eau et peu m'importe, je vogue et c'est là la plus important.

J'ai découvert le Rhin, le Rhône, la Volga et tant d'autres, je me dirige dorénavant vers mon avenir, mon destin est entre mes pages, au cœur de mon âme.

J'ai la barbe d'un capitaine au long cours, un vieux briscard que l'on croise souvent dans les bistrots, au bras d'une belle, payante ou gratuite, amour d'un jour, de passage. Je suis de ces êtres qui d'un claquement de doigts deviennent autres. J'ai la barbe de ceux qui ont vécu des kilomètres et des kilomètres de vie, des courses à n'en plus finir. J'ai la joie de me reposer dorénavant au volant de ce monstre aquatique.

Le vent me rase cette barbe d'homme des mers, des fleuves et des rivières, nous sommes à cents lieux de notre destination finale. Tous les hommes de bord, prêts pour l'acheminement, prêts à en découdre.

Fier comme « Artaban »pourrais je dire ainsi, souriant à la vie, la cinquantaine resplendissante.

Je ne me souviens guère de mon enfance sinon de parents qui de l'amour, n'en avaient jamais entendu parlé. J'ai attendu tant bien que mal un signe de leur part mais qu'importe.

De cinq, douze ou même trente années écoulées, de ses moments oubliés à jamais, je n'ose plus y penser, reste la route, le chemin à prendre pour capter ses idéaux.

Il est maginfique ce bâteau, rouillé par endroits, lui aussi à vécu, libre de ses mouvements au grè du courant; le Danuble Bleu est à mes pieds, souriant et calme.

Nous avions fait des miles et des miles pour en arriver là, elle me tendait les bras, ce serait peut-être ma dernière étape qui sait ?

Il est mon âme, le cheminement de mon être, mon aventure.

Presque vingt cinq années de complicité, des amis de toujours partageant les bourrasques et les tempêtes, les amertumes et les déceptions.

J'aperçois au loin à l'avant mon fidèle acolyte, Paco, la soixantaine rayonnante, la barbe fleuri, la boucle d'oreille du flibustier et son regard perçant.

Edwin, que j'appelle mon petit mousse, toujours de bonne intention, de bonne figure. Il avait quatorze ans lorsque par un beau matin de printemps de 1955, il décida de me rejoindre malgré ses parents et depuis lors, m'accompagne sur tous les espaces que nous traversons.

J'ai presque l'âge de mon cargo, rouillé de partout par ces années de traversées, ces moments de grâce ou de disgrâce.

Je suis rouillé et ridé par ces voyages aux longs courts.

Je suis un chemin tout tracé depuis ce passé glorifié, ces aventures d'un autre temps. J'ai presque envie d'écrire pages après page les bonheurs et les malheurs d'une vie d'errance, une vie de partage.

J' ai presque l'âge de ce cargo, la rouille se disperse sur ma peau de vieux corsaire, mes amis me voient ainsi, les yeux hagards sous le vent salée, la peau ternie, les os fragilisés.

Je ne sais plus combien ils sont, dix, quinze ou trente peut-être. Leurs noms m'échappent, les visages s'effacent, ils ne sont plus que des os fragilisés eux aussi.

Sur les lignes de l'amer, je rejoindrais mes plus illustres aînés, les flibustiers, corsaires et autres malmenés par la mer, les navigateurs d'outre tombe, les navires échoués.

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Ouzbek me voilà ( partie 5 )

5 Juin 2016, 13:52pm

Publié par vincent auteur

Le bleu et jaune du Mémorium se mariaient délicatement à l'entrée de cette ville magique du continent russe.

Etrangement, le silence se fit pesant lors de cette arrivée, Islom les yeux grands ouverts sur les tours se faisait à son tour silencieux. Je pouvais voir les larmes de cet Ouzbek dur comme la roche, il l'aimait cette ville, il en était fier !

Tachkent signifiait " citadelle de pierre", les deux tours de l'entrée, gigantesque masse de pierre nous souhaitaient la bienvenue.

La magie semblait émerger de ce lieu somptueux, des chants Ouzbeks transperçaient le ciel. Les sons caressaient les murs, faisaient sourire les petites têtes blondes, et faisaient danser les personnes âgées.

Cette ville joyeuse, on y rentrait comme dans un jardin d'enfants, des couleurs, des dessins, des joies. Je ne pourrais oublier !

Nous devions trouver le marché d'Oloy et sans perdre de temps à contempler la ville, Islom questionna quelques habitants sur le chemin à suivre.

J'étais fier de connaître ce dur et tendre Ouzbek. Ce petit homme d'à peine 1 mètre 60, courageux, ne disait mots sur sa vie. Tout ce que je savais de lui, était qu'il était paysan et fils de paysan. Le coton, une histoire de famille, un travail laborieux.

Les pierres des monument me parlaient, me racontaient l'histoire de cette vallée, de tendre et doux pays. Je ne connaissais pas l'Ouzbek mais leurs yeux me faisaient comprendre tout, toute leur vie, leur voyage, leurs défauts et leurs qualités.

La simplicité me semblait inéluctable au sein de ce peuple mystérieux !

Je remarquais ici des sculptures animales et là des symboles architecturaux sur les façades, une sorte de coquillage inversé !!

Mais avant tout, je devais me recueillir au sein de la cathédrale de la Dormition, observant au loin ses splendides coupoles dorées. Moi qui n'étais qu'un simple athée ne pouvait laisser passer ce moment de recueillement. Je me dispenserais de tout commentaire d'ordre fantasma-catholique, j'éviterais toute comparaison de la chrétienté occidentale avec l'orthodoxie orientale. Moi, je voulais tout simplement écouter les pierres et ressentir pleinement leur existence.

Je m'y dirigeais sereinement remarquant au passage le sourire bienveillant des quelques passants.

Au loin, devant la cathédrale, j'aperçus un solide gaillard, une barbe broussailleuse, un pantalon de treillis vert, et une veste bleue. Son sourire édenté de vieux briscard me renvoyait quelques temps en arrière lorsque son amitié vint sonner à ma porte.

Il semblait ravi de revenir vers moi !

Mes pas se dérobèrent à sa vue et je courus vers lui et il me serra amicalement dans ses bras.

Les prochains moments allèrent m'apporter énormément.

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