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Vincent Zochowski auteur

Doit-on ?

23 Mai 2016, 19:41pm

Publié par vincent auteur

Doit-on ?

Doit-on ?

Doit-on imaginer la suite ?

Faire semblant pour faire plus vrai,

Doit-on supposer l'insupposable,

Sublimer l'invraisemblable.

Doit-on faire pour ne point défaire,

Faire express pour faire plus rapide,

Doit-on danser sous la pluie,

Sans se satisfaire du soleil.

Doit-on écrire ses maux,

Sans oublier sa peine,

Et ses douloureuses perceptions,

Sans se reconnaître ainsi.

Doit-on faire en sorte,

De quelques espèces,

Sans se soucier de l'exactitude.

Doit-on faire tout simplement,

Sans s'évertuer à faire le difficile.

Doit-on ou pas ?

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Ouzbek me voilà ( partie 4 )

22 Mai 2016, 17:43pm

Publié par vincent auteur

Tachkent, Tachkent, ville d'Asie, berceau d'une civilisation inconnue, il me targuait de la redécouvrir, de lui offrir mes plus beaux atouts, mes rencontres, mes attentes.

Cette ville de "pierre", ville d'un âge avancé, cette ville bimillénaire, devait être une étape merveilleuse dans mon voyage, ma recherche d'une identité.

Piotr devait nous attendre au bazar d'Oloy, un marché couvert comme on aimait en croiser, une découverte de saveurs orientales, de subtils parfums épicés.

Mais en attendant, nous devions nous remettre en route, au soir nous atteindrions cette douceur ouzbek. Il me tardait d'y entrer, mon cahier de croquis en poche.

Les souvenirs de ma famille se dispersaient étrangement, ma fille me souriant à mon départ et ma femme ne pouvant retenir ses larmes. Le temps quelquefois me manquait de penser à elles, ainsi qu'à tous mes amis et confrères laissés à Paris.

Avant de partir, je me recueille un instant en pensant à mon père, un bon vieux paysan proche de sa terre, malheureusement disparu il y a un an. Il serait fier de moi et de mon parcours. Un petite fleur jaune et bleu, un Mémorium, sera posé à l'entrée de Tahkent dès mon arrivée.

Islom, sans un mot, me fit signe, pressé par le temps. Il fallait arriver avant la nuit qui s'annonçait froide en cette saison. Nous avions laissé Tachkent derrière nous il y a quelques jours pour rejoindre Pampultar et dorénavant nous revenions sur nos pas.

L'aventure était loin de se terminer, l' Ouzbekistan nous préparait certainement d'autres surprises. Mon carnet à spirales deviendrait un beau jour un guide des odeurs orientales, l'odeur sauvage de ce périple sur mes pages blanches.

Islom faisait les quatre cent pas, impatient de retrouver ces chemins tortueux, ces ombres qui nous guettent par delà les forêts !

Dans le ciel, nous survolait un vol d'Ambroisier, il devait bien y avoir une bonne centaine de volatiles, en route pour les bords de la mer d'Aral. Un vol d'une beauté rare, pas un cri ne s'y échappait, juste les bruissements d'ailes, juste ça !

Nous n'avions pas eu le temps de nous attarder dans la capitale lors de notre arrivée, aussi la journée prochaine devrait être riche en émotion. Je me mis en route à la suite de mon guide, les sacs plus légers qu'à l'aller, il nous restait de quoi grignoter.

La matinée fraîche, le départ se fit sans encombre, la fatigue me tenaillait.

Mon guide, devant moi, les pas apparemment pressés par la météo qui semblait nous réserver quelques mauvais présages. Les nuages noirs s'amoncelaient, le vent se réveillait, même les animaux rebroussaient chemin. Des renards ouzbeks, ces célèbres Renaiques roses passaient à nos côtés sans y prêter attention.

Pas de pluie, non, rien qu'un vent virulent par moment, un vent froid comme la mort et puis d'un coup, plus rien !

Les secondes, les minutes, les heures passèrent, non sans quelques difficultés mais notre duo fonctionnait à merveille. Nous devions tenir jusqu'au soir et ce, sans stopper.

On pouvait apercevoir au loin, la cathédrale de la Dormition, splendide édifice orthodoxe, elle avait souffert pendant ces dernières années.

Ah Piotr, ce bon vieux Piotr, il me manquait ce tendre bougon russe des plaines de Sibérie. Un homme d'un courage exemplaire, et d'une honnêteté indestructible.

Cet ami devait me renseigner sur les dernières découvertes du pays. Les scientifiques du pays avaient tendance à nous cacher, nous taire. Une omerta dirons certains, un oubli pour d'autres. Le musée Galichet m'avait laissé libre, libre de participer à l' élaboration de leur encyclopédie universelle : un répertoire imagé d'espèces rares, des croquis complets.

La distance s'amenuisait, la fatigue se faisait ressentir mais l'envie, le désir de reconnaître ce pourquoi je faisais ce voyage m'était important voire essentiel à mes yeux .

Les murs de la ville firent leur apparition, des enfants le visage noirci par la poussière coururent vers nous, un pur moment de bonheur.

Je sortis doucement de ma poche, le Mémorium, et déposa la fleur à l'entrée de Tachkent.

La ville était à moi, il me tardait de retrouver mon vieux compère.

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Ouzbek me voilà ( partie 3 )

5 Mai 2016, 07:22am

Publié par vincent auteur

Les cris, les hurlements d'une bête sauvage presque dangereuse, on était arrivé sur son territoire, nous, les humains à la recherche d'une quelconque nouveauté dans l'archipel des nouveaux explorateurs.

Islom avançait tranquillement, son visage renfrogné marqua une profonde inquiétude.

Je le suivais pas à pas, les lanières de mon sac me tailladant l'épaule droite.

Après quelques minutes de marches, tout sembla se taire, plus un hurlement ne s'échappa de cette taïga, seuls les oiseaux se mirent à chanter. Il me faudrait lors d'un prochain voyage revenir ici et me soumettre à ce mystère animal.

Enfin Islom rayonnait, la nature hostile avait laissé la place à une plaine verdoyante où l'on pouvait apercevoir au lointain un troupeau d' Addax rouge, une des plus belles espèces d'antilopes qu'il m'est été donné de rencontrer. La couleur rouge flamboyant du pelage se mariait à merveille avec le vert clinquant de l'herbe. Du bleu ciel, du vert et du rouge animal, j'étais transfiguré devant cette avalanche de couleur, un peintre aurait pu avoir un orgasme artistique.

La virtuosité du lieu, une richesse, aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche à cet instant.

Islom, comme moi, ému devant ce spectacle.

J'aurais pu rester devant ce spectacle pendant des heures voire des jours, mais le devoir de recherches nous obligeait à poursuivre notre route. Nous devions rejoindre la ville de Tachkent dès le lendemain où je devais avoir rendez vous avec Piotr, un aventurier russe, solide gaillard d'environ 45 ans taillé dans le roc. Un vrai baroudeur !

Un rencontre anecdotique à Paris, et depuis une véritable amitié aventureuse était née, des liens postaux, des sentiments partagés.

Islom et moi arrivèrent en vue du Syr-Daria, long fleuve sinueux, voie divine jusqu'à la mer d'Aral.

Les eaux calmes de ce géant semblaient nous attendre, pas un bruit, le silence. J'entendis au loin le doux murmure de la situlle, un grillon violacé que l'on ne rencontrait qu'au delà les frontières orientales. Une magie sonore ajouté à l'envol majestueux des carrans cendrés; ce héron avait la particularité de posséder un bec de canard d'un bleu argenté qui se reflétait au fil de l'eau.

Le coucher de soleil, moment d'une virtuosité poétique à la manière d' Aragon !

Qu'aurais je à raconter à ma chère et tendre et à ma jolie petite fille ? Je me devais de les faire rêver, de les nourrir de mes joyaux visités .

Nous allions passer la nuit ici au bord de cette eau, le clapotis nous bercerait. A la lueur de ma lampe, je sortis mon carnet de bord et y notait toutes mes observations, mes tracas ou mes joies.

Je revisitais le croquis de l'Addax rouge et des carrans cendrés, le tout agrémenté de détails techniques. Je sentais les bras de Morphée m'entourer délicatement et sans bruit me coucha près de mon tendre ami.

La journée de demain allait être longue, nous arrivions en vue de Tachkent !

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