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Vincent Zochowski auteur

Ouzbek me voilà, partie 2

26 Juin 2015, 08:47am

Publié par vincent auteur

La nuit avait été très calme, d'un calme olympien mais d'un froid brutal. Pas un bruit n'avait filtré, à croire que toute la faune nous craignait.

Mon sac de couchage, encore humide de la rosée du matin, sentait bon la fraîcheur de ce pays, une senteur orientale sauvage.

Le réveil pour ma part avait été un rien spécial, l'Osmorre n'avait pas jugé nécessaire que l'on se couche sous son arbre et nous avait copieusement insulté dès le lever du jour. Il avait fallu qu' Islom nous écarte promptement de l'endroit. Cet oiseau ne nous voulait pas de mal, seulement nous éloigner de sa couvée.

Cette journée allait, j'imagine, se révéler encore plus étourdissante que la veille. Mon voyage m'avait amené jusqu'ici, la découverte d'un pays imaginé dans mes lectures d'adolescent.

Pampultar, je suis à toi dorénavant. Montre moi tes secrets, tes bijoux. Fais moi rêver et envoûte moi de ta beauté.

Nous étions lundi, je crois. Nous étions parti sans montres, sans rien à part une boussole, nous vivions au rythme de la saison en accord parfait avec la nature. Elle nous avait acceptée, à nous de la respecter.

Ma famille me manquait, j'étais loin de tout mais pour la bonne cause je me devais de résister, de combler ce manque de mots doux, de baisers le matin au lever.

Ma femme Marianne et ma petite puce, Viviane, petit ange de 5 ans; je ne pouvais même pas leur écrire. Il me serait possible de leur téléphoner lorsque nous irions à la ville.

L'Ouzbekistan m'envahissait le corps et l'esprit, mon âme devenait russe aux confins de cette civilisation méconnue.

Islom m'avait laissé seul quelques instants pour aller chasser du gibier, je pouvais avoir confiance en lui, un guide d'une rare loyauté, d'un humanisme et d'une bonté sans égal.

Il revint quelques minutes plus tard , un Ambroisier , un mélange de canard et d'oie , bel oiseau au plumage vert et bleu. Islom s'employait déjà à le plumer et moi de l'observer, un rien passionné par les rites autres que mon monde soi-disant civilisé.

Qui était civilisé, lui ou moi ? A choisir !

Cet oiseau nous fit faire un bon repas. Islom ne disait mot, se contentant de me sourire, me montrant le peu de dents restantes.

Lui aussi, je le dessinerais; il sera présent dans mon recueil, mon guide.

L'aventure dit-on est au coin de la rue, mais la voie de la taïga m'était somptueusement ouverte, libre à moi de saluer une terre inconnue par le plus grand nombre. Le temps était pour moi de remédier à cela.

Je pris en main mon carnet et accompagné d'Islom , me dirigeait promptement vers la butte d'où l'on entendait des hurlements, des jappements; un chien ? ou quelque animal du même acabit.

Que se cachait-donc au sein de cette nature pas si hostile que ça ?

Je devais rendre des comptes au musée Galichet, lequel avait une confiance en un jeune explorateur.

La liste des animaux à dessiner, les recommandations ultimes de mes confrères et une belle opportunité pour malheureusement sacrifier un peu de ma vie de famille.

Il faisait déjà 25°C en cette heure matinale, un climat rude pour ce beau pays. Un grand froid en hiver et des étés brûlant dans ce paysage désertique.

Les hurlements redoublaient, comme une douleur dans cette contrée sauvage. Le pays semblait craindre le pire.

Même Islom semblait apeuré, son attitude changeait. Nous devions avancer tout de même, ma curiosité n'y semblait point perturbé!

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Ouzbek me voilà( partie 1 )

15 Juin 2015, 19:21pm

Publié par vincent auteur

Depuis déjà trois jours que je marchais dans cette vallée pour rejoindre la seule ville à l'est de Tachkent, la capitale de l'Ouzbékistan. L'avion de Paris avait atterri sur le petit aéroport de la capitale et depuis je voyageais avec mon guide Islom, un petit paysan de quarante ans qui en paraissait vingt de plus. Le petit homme avait une résistance incroyable face à ce climat rude.

Deux mois plus tôt, mon informateur m' avait indiqué avoir repéré la ville de Pampultar, la première ville Ouzbek, enclavé au sein de désert de Kyzylkum. A sa connaissance, ce désert regorgeait, selon ses dires, de faunes et flores jusque là jamais répertoriées. La ville de Pampultar, une oasis de pierre au sein d' un désert. Rien n'aurait pu m' empêcher d'y aller, pas même la maladie.

Mon sac à dos, me sciait les épaules, je me retint de râler; moi le métropolitain, le parisien, plus soucieux de garer son vélo au bon endroit plutôt que de marcher sur une terre aride, sous le soleil brûlant. Mes muscles se raidissaient, mes bras douloureux, ma tête prête à exploser.

Je réussirais comme mes illustres aînés, les Dumont d'Urville, Magellan et autres Pizzaro .

J'étais de leur trempe, un explorateur, je me devais de prouver devant le Haut commissariat aux expéditions que mon aventure était fondé. J'avais reçu un bon de 10000 Francs pour mener à bien mon voyage.

1945: quelle drôle d'année !

La France souffrait encore de ces temps de guerre et moi Vincent d' Auderive ,jeune parisien de 25 ans, à la recherche de royaumes inconnus. Eternel rêveur que j'étais !

Des pécaris, des hylochères, j'en avais découvert il y a quelques années. Maintenant je naviguais sur un autre continent tout aussi étrange que cette Afrique majestueuse.

Islom ne disait rien, il ne se plaignait pas, et avançait imperturbable. Je le suivais avec peine, la sueur coulant le long de mon visage, je savais que je m' approchais de mon but.

Après quelques kilomètres , le site faisait son apparition, majestueux, irréprochable, l'art nous fit face et sans un mot , les larmes presque aux yeux, mon compère et moi-même admirions ces siècles de vie. La ville et ses tours dignes de palais de contes de fées nous racontaient une histoire, une belle histoire comme tous ces pays d'Orient savent nous émerveiller.

Au loin, près de l'entrée de la ville, une petite oasis d'un vert émeraude: le lieu de mes recherches.

Je pouvais apercevoir une nuée de papillons, des Campilisses, de somptueux insectes, noir, jaune et vert. Une espèce rare, peu de personnes ont eu la chance de les croiser, à part peut-être épinglés sur un mur.

Islom, appuyé contre rocher, fît une prière Ouzbek avant de reprendre le chemin vers la ville.

Il me tardait de découvrir ce lieu dont on m'avait tant parlé, tant décrit les moindres délices, les moindres curiosités tel ce fameux Stéolipe, un splendide rongeur mesurant un mètre vingt au garrot et ressemblant à un lapin géant. L'empire russe et ses mystères.

Un de mes professeurs à la faculté m' avait décrit cette faune rare et peu de personnes avait eu le loisir de les observer.

Islom connaissait le Stéolipe et me guida jusqu'à un terrier monumental creusé au pied d'un chêne millénaire: le Plimule , arbre dont la circonférence atteignait 12 mètres ; un couple se reposait au pied de cet arbre et sans un bruit, je sortis mon cahier et me mit à le dessiner dans les moindres détails.

Mes yeux brillaient de satisfaction, j' avais enfin mon trésor. Je pourrais repartir vers Paris, fier de ma découverte et enfin reconnu au cercle d'histoire naturelle du musée Galichet.

Un sifflement aigu vint soudainement me briser les tympans et au dessus de moi, sur une branche trônait un Osmorre , le plus grand rapace vivant en Europe de l'Est, un oiseau de couleur rouge, au bec aussi aiguisé qu'un couteau de boucher . Impressionnant mais sans danger pour l'homme, cet oiseau majestueux mériterait mieux qu'un simple dessin.

Je laissais le souvenir de ces moments et me reposa dans mon sac de couchage auprès de mon fidèle compagnon.

Les prochains jours allaient certainement se révéler encore plus magiques. Dieu m'en préserve de nourrir mon esprit encore longtemps.

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L'écrivain

8 Juin 2015, 22:07pm

Publié par vincent auteur

Dans cette maison,

Dans cette prison,

L'homme est aux abois.

Seul et répudié,

Il attend

Son jugement.

Interné pour trop d'idées,

L'écrivain fuit le regard du maton.

On l'a enfermé,

A cause de ses idées,

Obnubilé par le regard plein d'excentricités,

Du surveillant.

L'écrivain ne dort plus,

L'écrivain n'aime plus,

Ces quatre murs ne sont pour lui,

Ce qu'il reste de sa vie,

Ils ne sont pour lui,

Que le résultat de ces écrits.

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Ce fut un arbre !

1 Juin 2015, 08:26am

Publié par vincent auteur

Ce fut un arbre !

Je ne sais comment l'idée lui est venue, une envie de bien faire ou bien tout simplement de faire son métier à la maison. Le menuisier est un artiste, travailler l'âme du bois jusqu'à en faire une œuvre digne de ce nom.

En sa mémoire, je garde en moi l'odeur enivrante de ce bois travaillé de ses mains, les outils qui gardent le souvenir de ces heures passées en sa compagnie. C'est une balade dans une forêt de sentiments.

Une bibliothèque de bois vernis pour accueillir les livres d'une vie.

En ouvrant les tiroirs, les yeux fermés, je respire l'odeur du bois ; magique !

Chut, laissez moi me souvenir !

Mon père n'est plus, mais son travail demeure.

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